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De professeur à philatéliste...


1. Initialement pourquoi étiez-vous devenu professeur ?


Au lycée ou même avant, je souhaitais vraiment devenir enseignant. La volonté de partager des connaissances et de travailler avec un public jeune. C’est clairement un choix que j’ai assumé, même plutôt contre l’avis parental !


2. Combien de temps, dans quelle discipline et type d'établissements et comment avez-vous exercé ?

 

J’ai souhaité commencer à enseigner très tôt. A la fac, je mourrais d’envie d’aller sur le terrain.

Dès la 2è année de licence, j’ai demandé à faire un stage volontaire dans mon ancien lycée. Grâce à cette expérience, j’ai pu ensuite effectuer quelques vacations dans le Bas-Rhin auprès du rectorat (collèges, lycées…) et ce avant même de terminer ma licence… il manquait déjà tellement de profs d’Allemand !

Je fais partie des candidats au concours « exceptionnel » suite à l’arrive du Président François Hollande au pouvoir. J’ai donc fait une année en tant que contractuel admissible, dans un collège de campagne.

 

Ce n’était déjà pas évident, j’avais deux classes assez difficiles, et je ne voyais pas les liens entre ce que j’apprenais à l’ESPE et la réalité du terrain… et pourtant c’était « juste » un collège de campagne.

 

J’ai ensuite fait mon année de stage 18h dans un lycée général de campagne. J’en garde d’excellents souvenirs même si j’ai dû travailler dur. J’ai alors compris que j’étais sans doute meilleur professeur de lycée que de collège - ou en tout cas, que je m’y sentais plus à ma place. Hélas, les concours sont désuets et ne permettent pas de « choisir ».

 

J’ai été très bien classé au concours… Hélas, le concours ne fait pas un bon enseignant.

Ma première affectation l’a été en tant que TZR. Je me suis retrouvé avec une AFA en collège REP+  dans un quartier difficile. Je n’imaginais pas, de par ma formation, qu’un public si difficile puisse même exister ! J’ai tenté d’appliquer des choses apprises à l’ESPE, en vain.

 

Je me suis accroché, un bon mois. Puis j’ai sombré : arrêts de maladie, psychiatre (pourtant, je n’étais pas « malade », mais je ne supportais plus ce travail. Encore aujourd’hui, quand je passe près de ce collège, je me sens mal). Après un chemin de croix, où le rectorat voulait me faire passer pour responsable, j’ai été convoqué chez un expert psychiatre pour vérifier si j’étais bien apte à enseigner.

C’était un personnage très rude, une expérience que je n’oublierai jamais (tant formatrice humainement que traumatisante professionnellement).

 

J’ai malgré tout pu terminer le dernier trimestre dans un lycée de campagne sympathique, à 1h quand même de chez moi, en voiture (il n’y avait pas de train). J’ai alors pu retrouver la joie d’exercer mon métier. J’ai pu y rester une deuxième année, mais cette fois avec les classes les plus difficiles : CAP chaudronniers, 3èmes PREPA PRO notamment. J’ai eu ZERO soutien de mon administration lors d’un problème avec un élève. L’élève n’a guère été sanctionné, pire, j’ai été convoqué au bureau du proviseur qui m’a laissé entendre que je devais moi changer d’attitude envers lui.

 

3.Qu'est-ce qui vous a donné envie de changer de voie, de quitter l’enseignement ?


Pour moi, jeune professeur qui manquait d’autorité, mais qui voulait y remédier. Ca a été un coup d’arrêt psychologiquement terrible. C’est là que j’ai baissé les bras, et compris qu’il fallait vraiment que j’aille voir ailleurs. Je mûrissais déjà cela au cours de l’année scolaire précédente, mais là, ça devenait concret.


4. Quelles démarches avez-vous alors réalisées, de la formation jusqu'à votre départ effectif ?

Que faites-vous aujourd'hui ? Expliquez-nous votre seconde carrière.

 

Heureusement pour moi, je savais vers quoi je voulais me diriger. Depuis tout jeune, j’ai hérité du virus de mon père pour la philatélie et le monde des collections en général, et sans doute aussi d’un certain sens des affaires. J’ai donc, tout en étant enseignant dans ce fameux lycée, commencé en tant que micro-entreprise au 1er Janvier 2017 dans l’achat-vente de timbres de collection. Je ne me suis pas à proprement parler formé. J’ai appliqué ce que je faisais déjà en « privé » en y ajoutant cette fois les démarches administratives (légères) de l’entrepreneur.

 

Mais j’ai aussi, en regardant une interview sur BFM Business, fin 2016, eu un déclic autre.

 

J’ai découvert un produit qui allie « collection » et « affaires ». Il s’agit du billet souvenir à Zéro Euro ! Pour faire simple, c’est un souvenir en vente généralement sur des lieux touristiques (traditionnellement par un distributeur automatique, comme les médailles de collection à l’image des sites français). J’ai appris par un court reportage télé qu’il était possible de signer une franchise pour distribuer ce concept dans d’autres pays européens.

 

J’ai acquis ces droits à la mi-2017 pour le PORTUGAL (pays qui s’est présenté à moi de par le fait que j’adore ce pays, et que j’ai fait le lien avec le tourisme s’y développant de plus en plus), dans une SAS cette fois, en complément de mon activité de timbres. Je suis aujourd’hui satisfait de mon développement sur ce produit puisque je respecte mes objectifs de vente.

 

Je précise que j’ai demandé début 2017 ma disponibilité pour créer mon entreprise, après un premier refus et un recours, je l’ai obtenu. Je viens d’ailleurs de demander une prolongation.


6. Quels conseils donneriez-vous à des professeurs qui souhaitent réaliser une mobilité comme la vôtre ?

 

Oser. Ne pas rester coincé dans un monde qui peut faire très mal. Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets.

 

 

 


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