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Professeur, restez réaliste dans votre reconversion


Sur 15 ans d'accompagnements, avec environ 900 projets qui ont porté sur des cumuls d'activités et des départs définitifs avec création d'entreprise, nous avons un retour suffisant pour identifier les activités souvent choisies par les professeurs, qui ne remplaceront pas leur salaire et devront être complétées par d'autre activités, et celles qui permettent d'en vivre aussi bien ou mieux.

 

 

 

 

Moins bien que le  revenu de professeur :

 

- Rédacteur free-lance et SEO : le marché est saturé, avec une forte concurrence des diplômés d'écoles de journalisme et des écoles de communication, et des développeurs. Obligation de trouver sans cesse de nouvelles missions, petits contrats précaires. Très aléatoire.

 

- Ecrivain public : le marché est saturé, concurrence importante. Toutefois le nombre de personnes âgées s'accroît et cela permet de maintenir la demande de prestations.

 

- Services à la personne : le problème est de trouver tous les mois une clientèle suffisante. Il faut compter au moins 3 ans de développement d'activité pour espérer un SMIC.

 

- Éditeur : une petite maison d'édition ne fonctionne que si elle réussit à bien vendre les ouvrages de ses auteurs...pas évident. Travailler pour un éditeur en parallèle est nettement plus rémunérateur.

 

Autant que le revenu moyen de professeur (2197,00 € bruts/mois en 2020, retirez 20% pour le net) :

 

- Correcteur-relecteur : marché saturé, mais un score situé entre 950 et 1000 au certificat Voltaire aide beaucoup à se distinguer pour trouver une clientèle régulière auprès des TPE/PME. Après 3 ans d'activité on peut espérer remplacer son salaire.

 

- Coach : marché saturé, mais de bonnes marges de progression quand même, la crise sanitaire a fait beaucoup de ravages psychologiques. Les coachs qui s'en sortent le mieux font 70% de leur C.A en entreprise en proposant des formations et 30% avec des particuliers. Un coach qui fait seulement du particulier vit difficilement.

 

- Soutien scolaire : toutes les disciplines ne sont pas à égalité. Les professeurs des écoles, les profs de maths, de lettres, de langues, en vivent mais il leur faut développer un solide réseau de parents par le bouche-à-oreille.

 

- Services à la personne : tous métiers confondus, ça reste difficile. La difficulté est toujours la clientèle, très volatile. La concurrence est rude. Les frais d'investissement grèvent certaines spécialités et il est difficile de dégager une marge bénéficiaire suffisante les 2 premières années.

 

Mieux que le revenu moyen du professeur :

 

- Agent immobilier grâce aux commissions variables et conséquentes du fait du haut niveau du marché immobilier. Le travail de terrain est bien récompensé mais laisse peu de temps personnel. C'est rare que les agents immobiliers débutants arrivent à prendre des vacances. Entre gagner sa vie et partir en vacances, il faudra choisir au début.

 

- Concepteur de sites web, de logos, de marques : exige une solide formation technique, graphique et en droit de la propriété intellectuelle en amont. La méconnaissance des droits des marques et du droit d'auteur peut rapidement couler votre activitéDe très belles perspectives en ayant comme clients des TPE/PME.

 

- Consultant-formateur : de très belles carrières. Les PME paient 500,00 € à 3.000,00€ par jour selon l'expérience et la spécialité du consultant.

 

- Vente de produits bio. La difficulté est de trouver le bon réseau, la bonne franchise. Beaucoup de risques d'arnaques, donc bien comparer et ne pas avancer d'argent (jamais !) ni acheter de stock à revendre avec promesse de marge. Ne devenez pas "le pigeon à plumer". Les arnaques sont toujours très bien ficelées.

 

Pour tous les professeurs concernés, faire autre chose est remotivant, revivifiant, et ceux qui ont quitté l'Education nationale n'ont aucune envie d'y retourner. Ils ont le sentiment d'avoir quitté un carcan, une prison. Certes ils regrettent le confort du salaire fixe, garanti, des congés scolaires. Leur qualité de vie psychologique est meilleure car ils sont autonomes, indépendants, libres de multiplier leurs activités sans avoir à être bridés dans leur dynamisme. Mais cela a un prix: l'incertitude du revenu, avec un autre rythme. On en songe plus à son salaire "à la fin du mois", mais à sa marge bénéficiaire une fois toutes les charges payées. Dans une activité commerciale de vente de produits, le bénéfice représente entre 5 et 8% du chiffre d'affaires mensuel, une fois les frais d'investissement, de fonctionnement, de stock à renouveler et d'impôts décomptés. Restez réalistes. Pour les activités de service, il est possible d'espérer 30% de marge bénéficiaire pour les activités où l'investissement et les frais de fonctionnement sont réduits. Mais attention aux taxes et impôts. La 1re année ils sont à 24%. La 2e année, ils montent à 30%. Pensez à vous renseigner sur le montant de la taxe communale si vous créez une entreprise.

 

Mieux vaut commencer par un cumul d'activités pour tester votre capacité commerciale. L'Education nationale accorde des sommes trop basses pour espérer créer une entreprise, et trop de projets pourtant solides sont refusés. La meilleure solution pour anticiper un refus est de réaliser un cumul, d'épargner, et le moment venu de tenter de partir avec le montant plancher (toujours imposé).

 

Avec la réforme des retraites qui se profile, tout professeur y perdra. Il faut donc anticiper et songer à des compléments de revenus dès 30/35 ans sauf si vous avez l'objectif de devenir personnel d'encadrement : vos revenus seront importants, en retour d'une charge de travail colossale (beaucoup frôlent le burn-out).

 

AIDE AUX PROFS propose trois axes de conseils:

- pour devenir professeur en vous offrant ces ressources et ces outils d'aide à la décision,

 

- pour rester fonctionnaire en quittant le métier de professeur, vous permettant de conserver vos avantages acquis, et parfois de les augmenter, selon l'administration ou la collectivité dans laquelle vous irez travailler. On gagne bien mieux sa vie en administration qu'en restant professeur, mais le nombre de semaines de congés sera à diviser par deux avec des semaines de 39h minimum (les primes compensent le fait que l'on vous fera travailler beaucoup plus). 

 

- pour changer complètement de métier après professeur, en quittant la fonction publique. Cela exige une longue réflexion, après avoir pris connaissance de tous les avantages dont vous bénéficiez depuis que vous êtes fonctionnaire. 


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