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Ma vie de prof à distance m'a fait réfléchir...


Durant le confinement du 16 mars au 11 mai 2020, les parents d'élèves ont été ravis du comportement de tous ces professeurs consciencieux qui ont assuré à distance les cours à leurs enfants, en déployant de nouvelles pédagogies avec lesquelles ils n'étaient pas tous familiarisés.

 

Certains ont dû se former en accéléré, conscients de leur retard en la matière, d'autres ont voulu épater la galerie en déployant les grands moyens: blog, chaîne You Tube, etc.

 

Les serveurs académiques ont rapidement été saturés de connexion des professeurs, des parents, des élèves... et il a fallu temporiser, patienter, espérer...et certains professeurs ont trouvé des solutions alternatives sur Google, sur Zoom, sur TEam, sur Discord, sur le Cned aussi avec "ma classe à la maison".

 

Puis les serveurs académiques ont été redimensionnés, et voilà qu'a été reproché aux professeurs créatifs et débrouillards de réaliser leurs classes virtuelles sur d'autres outils que ceux préconisés par l'Education nationale ?

 

Et voilà maintenant depuis le 2 juin un bashing anti-profs fainéants qui se propage, pour dénoncer ceux qui "se seraient tournés les pouces" ?

 

Tous ceux qui critiquent ces enseignants qui ont travaillé nettement plus que d'ordinaire, à la limite du burn-out pour de nombreux professeurs des écoles, des collèges et des lycées qui ont dû faire à distance de l'enseignement individualisé pour 120 à 600 élèves selon leur discipline d'enseignement pour ceux du 2nd degré et pour 12 à 24 élèves dans le 1er degré, avec des élèves dont l'équipement informatique et les moyens de connexion étaient très différents, devraient tout simplement aller...enseigner, et auraient dû, au lieu de les critiquer fort injustement aujourd'hui, une fois la crise passée, aller endosser cette responsabilité de réussir cette continuité pédagogique à distance pour ne pas perdre la face !

 

C'est incroyable comme la société française aime critiquer, sabrer, détruire ce qu'elle a auparavant aimé, salué... c'est à se demander ce que ces personnes cherchent à travers la critique des professeurs: privatiser l'Education nationale ? Détruire une profession déjà bien malmenée ? Décourager les vocations ? Mettre en difficulté un Ministre qui a été à la hauteur des enjeux, très audacieux dans sa volonté de faire reprendre les élèves au plus tôt ?

 

Cette période de 2 mois environ a permis à 857.000 professeurs, dont plus de 10.000 chaque année aspirent à une "seconde carrière", de se rendre compte de ce qu'est devenu le quotidien de ces travailleurs du numérique cloîtrés dans leurs bureaux :

- le recours fréquent au télétravail, qui présente l'avantage d'être chez soi, mais l'inconvénient d'être coupé des autres et de toute vie sociale professionnelle,

- l'utilisation quotidienne et intensive d'un ordinateur, d'une tablette, d'un smartphone,

- la pression sur le travail attendu, avec de multiples injonctions contradictoires, 

- le sentiment de travailler beaucoup plus, tout en donnant l'impression à ceux qui sont "au travail", de travailler beaucoup moins, puisque chez eux, sans contrôle visuel de leur travail réel, choisissant leurs horaires comme bon leur semble.

 

C'est cette liberté au sein du télétravail qui exaspère plus d'un de ceux qui ont répandu dans cette société française le poison du contrôle des personnes à outrance, le poison de la surveillance, de la suspicion, de la jalousie, aussi.

 

Certains politiques comme certains cadres de toute hiérarchie aiment attiser cette méfiance, solliciter cette société de la défiance, car le croient-ils, tout ce qui divise renforce leur pouvoir d'attraction et leur volonté de domination, tout en inspirant la crainte de leurs réactions. Et chacun de "filer droit". Une société de la peur.

 

Une société qui alimente elle-même ces Risques Psycho-Sociaux qui lui coûtent chaque année pourtant très cher en vies humaines.

 

Pourtant, nous sommes toujours bel et bien avec Jean-Michel BLANQUER dans l'Ecole de la Confiance depuis mai 2017. Cette confiance a pu se vérifier pour de nombreux établissements, mais nous avons eu des échos de professeurs des écoles fliqués comme jamais auparavant par des IEN leur demandant chaque semaine le reporting du détail de leur activité quotidienne... quel intérêt, sinon de surcharger beaucoup plus ces professeurs, jusqu'à leur donner envie de partir ?

 

Quel sens donner au mot "confiance" dans ce cas ? 

 

Car c'est cela, le problème majeur des inspecteurs et de nombreux cadres administratifs: c'est cette super-exigence envers les professeurs, cette pression récurrente, qui les pousse involontairement à acculer de nombreux professeurs, jeunes et moins jeunes, à opter pour la meilleure solution de bien-être personnel et professionnel: fuir à tout prix, dès que possible, ce milieu éducatif devenu anxiogène, avec une hiérarchie qui a repris ses vieilles habitudes de contrôle et de surveillance, à l'heure où la "GRH de proximité" était censée se déployer et apporter un vent de bien-être au travail.

 

Pendant le confinement, Aide aux Profs a été très contactée par des professeurs souhaitant réaliser leur Rupture Conventionnelle.

 

Par esprit de responsabilité, nous avons différé leur prise en compte, les faisant patienter, pour qu'ils prennent le temps, au fil des semaines, de bien réfléchir à leur décision.

 

Car demander sa rupture conventionnelle, c'est démissionner, être rayé des cadres, perdre le bénéfice de son concours, et s'engager via cette indemnité perçue pour services rendus, à ne pas retravailler pour l'Etat pendant 6 ans. C'est long... et c'est pourquoi nous réalisons une analyse adaptée selon l'âge, la composition familiale, les objectifs du projet, et les moyens financiers qui seront mis en oeuvre.

 


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Commentaires: 2
  • #1

    pascale streicher (vendredi, 12 juin 2020 18:39)

    Je souhaite quitter l'éducation nationnale

  • #2

    AIDE AUX PROFS (lundi, 15 juin 2020 13:19)

    OK... pour cela il faut bien prendre le temps de réfléchir à votre objectif. L'année qui vient va voir le taux de chômage fortement augmenter, il ne faut donc pas juste suivre votre envie, partagée par des dizaines de milliers de professeurs chaque année, mais prendre le temps de la réflexion, pour concevoir un projet qui réduira le temps passé sans revenus.
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