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Nathalie JEANNE nous livre un témoignage fort avec « Au pays des merveilles. J’étais maîtresse d’école ». A lire sans modération.


C'est sur notre page Facebook qu'un jour nous entrons en contact avec Nathalie JEANNE (pseudo) qui nous fait part de la parution de son livre-témoignage. Nous l'invitons alors à nous en adresser un exemplaire à l'adresse postale de notre association (Association AIDE AUX PROFS - 11 Avenue Pasteur - Boîte 26 - 76 000 ROUEN).

 

Tu trouveras d'abord notre fiche de lecture ci-dessous, puis ses réponses à nos questions. 

 

 

 

 

 

 

 

 

FICHE DE LECTURE:

Nathalie JEANNE a été institutrice puis professeur des écoles pendant 30 ans, avant de décider de démissionner, sans même tenter d’obtenir la rupture conventionnelle que l’administration n’attribue de toute façon qu’au compte-gouttes. 


Ce métier, elle l’avait rêvé depuis toute petite, elle s’y était préparée psychologiquement, avec son cœur, son énergie, son enthousiasme, à « devenir maîtresse ». Sa passion, c’était ses enfants, ses élèves, en difficultés diverses, à tenter de les  relever, de les reconstruire, tous abîmés par la vie, l’éducation parfois, l’éducation nationale aussi, qui stresse les parents en envenimant la relation avec leurs enfants lorsqu’ils ne réussissent pas bien.
Nathalie multiplie les avant/après pour bien nous montrer régulièrement, pour celles et ceux qui idéalisent le métier de professeur, la différence qui existe entre les illusions d’enfance, et la réalité du terrain. Qui serait nettement plus facile si l’administration, l’inspection, y mettaient du leur pour soutenir l’enseignant. Mais apparemment, c’est trop leur demander, la majorité ne se sent pas concernée par les difficultés, voire les souffrances des professeurs. Et c’est cela qui détruit à petit feu le métier d’enseignant : l’indifférence coupable des gestionnaires des ressources humaines, des inspecteurs, qui gèrent plus les professeurs comme des lignes sur des tableaux Excel, qu’ils ne gèrent réellement des hommes et des femmes qui exercent un métier psychologiquement et physiquement pénible au fil des années.

Nathalie nous dit ce qui nous paraît bien résumer son témoignage plein de vérités, d’authenticité, de vécus, dans lequel chaque professeur, qu’il enseigne dans le 1er degré ou le 2n degré, se retrouvera, se confortera dans l’idée que lui/elle aussi est maltraité(e) par l’éducation nationale, et qu’il ne faut pas attendre d’y avoir perdu sa santé pour prendre la meilleure décision pour soi : « ce chemin, je l’ai pris pendant trente ans. Ponctué d’ornières, de roches, de petites pierres douces ou récalcitrantes, puis parfois obstrué par d’énormes blocs noirs et sordides à déblayer pour pouvoir avancer. Jamais le chemin ne fut paisible pendant ces trente années, mais j’arrivais au bout du tunnel. Juillet : délivrance, joie et larmes, soulagement et désoeuvrement. »

Ce métier, c’était une progression sociale pour sa famille. Un grand-père couvreur de  chaume qui ne savait ni lire ni écrire, et qui a eu l’impression que devenir enseignant, c’était devenir Premier Ministre. 

Et puis Nathalie nous conte les premiers contacts avec cette administration sans affects lors des mutations éloignées de son domicile, comme si ses agents géraient des numéros. Elle nous raconte les hauts et les bas du métier de professeur des écoles, entre les joies de voir un élève en difficulté progresser, l’agressivité des parents qui rendent l’enseignant coupable de toutes leurs erreurs d’éducation de leur enfant, et l’ensemble de ces petites lâchetés administratives qui font bien sentir à l’enseignant qu’il tient la barre tout seul d’un navire à la dérive, soufflant seul sur sa voile pour qu’il avance, croisant de temps en temps des requins qui ne lui veulent que du mal. Des directeurs, des directrices, des inspecteurs, des maires, des gestionnaires de carrière…

Ce qui prend aux tripes, c’est ce retour d’expérience de ce qu’est, au fond, le métier d’enseignant : une plongée en eaux troubles dans la maltraitance éducative des enfants de tous milieux, avec tout un ensemble de signes qui affolent l’enseignant, qui sait que l’administration, l’inspection, ne feront rien, sinon rejeter sur lui/elle la responsabilité d’avoir voulu être le/la lanceur(se) d’alerte. Les enseignants ne méritent pas d’être gérés de telle manière, et l’administration ne mérite pas l’investissement des enseignants pour elle. 

Nathalie nous parle de ce métier de professeur des écoles devenu épuisant, surtout depuis cette idée magnifique « d’inclusion » qui fait faire des économies à l’éducation nationale, mais se fiche bien de savoir comment les enseignants gèrent tous ces enfants « à particularités » parmi les autres qui, eux, n’ont aucune difficulté. Pour Nathalie, cette inclusion est ni plus ni moins que de la maltraitance organisée : celle des enfants, et des professeurs.


Si Nathalie a tenu 30 ans, au détriment de sa santé, c’est grâce à « quelques élus, un inspecteur, des conseillers pédagogiques, des AESH, une dame de la cantine, des ATSEM, des parents, des collègues enseignantes… » mais globalement si rares, qu’elle se demande toujours comment elle a trouvé l’énergie de « tenir 30 ans ».

 

Puisse son témoignage fort, souvent émouvant, au cœur de la gestion des émotions, car c’est bien cela le métier d’enseignant, informer voire conseiller aux étudiants, aux salariés de tous métiers, d’y réfléchir à deux fois avant de devenir enseignants, et aux enseignants de se rendre compte qu’ils ont peu de pitié et d’égards à espérer de leur administration, et même pas un « aurevoir », lors de leur démission. Aucune gratitude aucun merci. Rien. 

JEANNE Nathalie. « Au pays des merveilles. J’étais maîtresse d’école ». Editeur Publishroom. 172 pages. Parution le 30/06/2025

 

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LE FURETEYROLLESFNAC DECITREACTUALITTE

 

Nathalie JEANNE, dont le sourire éclatant d'avoir réussi à se reconvertir dans l'écriture fait plaisir à voir, a répondu aux questions d'AIDE AUX PROFS

Vous avez été professeur des écoles dans 2 académies : le mode de gestion des PE était-il le même ? Pourquoi ?

La gestion académique d’un point de vue financier, économique, administrative, était à peu près identique. Ce qui était très différent était le système du « mouvement académique ». 


Lorsque j’ai fait mes vœux pour la région Grenobloise, j’ai perdu des points, le système de comptage n’était pas le même, changeant de région, je perdais mon statut de directrice, je n’ai jamais compris. Du coup, je n’avais plus la priorité sur les postes de direction, il me fallait refaire le stage de direction. On m’a dit à l’époque que la formation n’était pas identique d’une région à l’autre donc mon statut était annulé. Je perdais également mes points d’ancienneté, d’une académie à l’autre, il n’était plus valable et je me suis retrouvée loin de mon domicile. Lorsque j’ai voulu faire des réclamations à l’époque, j’avais eu une discussion avec une assistante sociale de l’académie qui n’était pas des plus aimables ni très compréhensive. La gestion des mutations en Isère manquait d’humanité ; en Seine Maritime, les collègues avaient des postes fixes, plus rapidement, et la gestion semblait moins aléatoire (il y a 15 ans) cela a peut-être évolué depuis. En revanche, ce que l’on peut noter, c’est la gestion des circonscriptions qui peut être très différente, selon le fonctionnement de l’inspecteur en place et cela même si elles sont voisines. (Administrativement, relationnel)

Vous décrivez souvent la maltraitance institutionnelle. Pensez-vous que ce système puisse changer ? Quels conseils pourriez-vous lui donner ?

Le système pourrait changer, uniquement si l’on y mettait un peu d’humanité. Considérer les enseignants, leur donner le respect qu’on leur doit. 
Lors des entretiens professionnels ou inspections, la conversation ou le mini interrogatoire qui s’en suivaient n’a jamais été un moment de plaisir, POURQUOI ?
La personne en face de nous a-t-elle été formée aux entretiens professionnels ? Sait-elle qu’elle se doit tout d’abord de commencer par un aspect positif ? C’est le B A BA, des formations des managers. 
Le feedback positif. 
Non, une large majorité de nos inspecteurs endosse le manteau de l’inquisition, et nous mettent à mal.
J’ai rencontré plusieurs inspecteurs qui ne saluaient pas les enseignants de l’école. Des directeurs d’école ou collège qui imposaient leurs choix.  
Il est à noter que j’ai rencontré une fois un inspecteur très sympathique. Un seul en trente ans… 
Le conseil : prendre en compte en premier lieu, la dimension sociale du candidat pour les postes de direction et d’inspection. 

Vous aviez la vocation pour ce métier depuis l'enfance : qu'est-ce qui vous en a le plus dégoûtée en 30 ans d'enseignement ?

Trois points :

-    La non-gestion des cas d’enfants mal traités. C’est ce que je décris dans mon livre, j’ai rencontré beaucoup de situations graves, j’ai signalé à tout va et peu de cas ont eu des suivis où des réponses.
J’ai vécu personnellement comme un échec et une vraie souffrance, les situations où je ne parvenais pas à aider mes élèves.

-    Les relations toxiques avec certaines familles, le mépris, le harcèlement de certaines qui contestent nos choix, nos décisions, la violence verbale et physique, les menaces de certaines et la non-protection de la part de la direction ou de l’inspection. L’angoisse et la peur qui en découlent.

-    L’inclusion des enfants perturbés psychologiquement. La solitude et l’impuissance devant un enfant inadapté et en crises continuelles dans la classe. Situations récurrentes. 
Pas d’emprise, et la démission du système qui n’a pas non plus de solutions à proposer, hormis placer l’enfant dans la classe du collègue ! Quel message cela envoie-t-il ?
Culpabiliser l’enseignant, celui-ci n’a certainement pas mis en place tous les protocoles nécessaires pour que l’enfant se sente bien…

Dans les trois cas, maltraitance, relation famille/école conflictuelle, enfant inadapté, on peut remarquer que l’EN se désengage totalement, laissant l’enseignant seul.

Vous décrivez en détails ce que peut être le quotidien d'un professeur des écoles au contact d'enfants issus de parents maltraitants. Quels sont les moyens d'action des PE dans ces cas ? Comment réagit la hiérarchie ? Comment devrait-elle réagir ?

En premier lieu en parler avec ses collègues et sa direction. 
Selon la gravité, signaler aux services sociaux de la ville par le biais de fiche de signalement et/ou Information préoccupante
En cas de danger, signaler au procureur. Prévenir l’inspection. 
Dans tous les cas, le délai de réaction est lent, sauf si l’enfant présente concrètement des blessures visibles et explicites.

Je reprécise que lorsque le PE signale un cas, il se doit de prévenir la famille, qu’il a demandé une enquête sociale. Ce qui a mon sens est une aberration. Mettant l’enseignant en porte à faux et en danger. 
Lors d’un de mes cas les plus grave, les parents très maltraitants et manipulateurs ont exigé un RDV avec l’inspecteur et ma directrice, m’accusant de harcèlement. L’inspecteur a pris à l’époque des décisions dévastatrices pour l’enfant. Sans venir me saluer, me parler, avoir ma version des faits.
Ce qu’il aurait dû faire avant toute chose ! J’avais à l’époque peur du matin au soir, et le ventre vrillé dès que l’enfant me parlait. Cette histoire a été suivie à la gendarmerie où j’ai témoigné plus de deux heures pour aboutir à un non lieu. L’enfant ne parvenant pas à témoigner à la gendarmerie… (vu que ses parents étaient assis dans le couloir) 


La hiérarchie devrait avant toute chose :
- recevoir l’enseignant, 
- avoir sa version des faits, 
- l’aider en lui proposant s’il le souhaite un soutien psychologique.
- le soutenir et mettre à disposition du personnel pour faire le signalement.
- le protéger.
- Signaler à la gendarmerie le cas.

Vous parlez aussi des troubles DYS, des difficultés d'apprentissage : qu'est-ce qui les a fait se multiplier selon vous ? La politique de l'école inclusive est-telle la meilleure des réponses ?

N’étant pas une spécialiste des troubles DYS, je ne me permettrais pas de faire des diagnostics sur leurs origines.
En ce qui concerne les troubles de l’apprentissage, liés ou pas aux problèmes DYS je ferai juste un constat.
J’ai eu en classe différents cas de DYS, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie, certains enfants cumulant les troubles. Certains de ces enfants accomplissaient et ont accomplis des progrès phénoménaux. 
A force de travail, de volonté, de persévérance, de partenariat avec la famille, ces enfants ont réussi à dépasser leurs troubles. S’obligeant à lire chaque jour, à écrire chaque jour pendant les vacances, à verbaliser leurs actions, enfin à mettre en application tous les conseils donnés. Des familles aidantes où l’enfant ne passait pas des heures d’affilées scotché sur des écrans.

 

A l’inverse, des enfants qui ne relevaient pas de troubles avérés mais passant des heures devant les écrans de jour comme de nuit, sans ouvrir de livre, cumulaient un retard de lecture, d’écriture, de verbalisation et de socialisation flagrant. Cas qui se multiplient ces dernières années.
En ce qui concerne l’inclusion des DYS, elle n’a jamais été la source de difficultés de gestion de classe d’un point de vue disciplinaire. Avec une AESH compétente le travail était réalisable. Je me permets de préciser « compétente » car malheureusement, le recrutement n’est pas toujours à la hauteur des attentes de l’école. Ce statut aurait besoin d’être reconnu et cadré et les heures augmentées car l’enfant n’est pas handicapé à mi-temps.
Par contre, c’est malheureusement avec les enfants relevant de problèmes autistiques prégnants que l’inclusion ne me paraît pas être une réponse adaptée ou bien des enfants présentant des troubles du comportement importants, violences, agressivité, hurlement, repli sur soi, crise, automutilation, fugue…


L’école n’est pas un hôpital.
L’enseignant ne peut pas gérer des enfants malades en crise et faire en même temps la classe.
Ces dernières années, l’inspecteur nous avait proposé de mettre des tentes « quechua » dans nos classes pour que les enfants en crise y trouvent refuge… !! Nous l’avons fait. Sans commentaires…   


Vous avez subi un burn-out. A quel enchaînement de faits l'attribuez-vous maintenant que vous en êtes sortie ? Comment s'est-il manifesté ?

L’assassinat de Samuel PATY a été, je pense, insidieusement, le déclencheur. La prise de conscience que notre position en ligne de mire est fragile, incertaine, dangereuse.
Des mères de mon école se sont mises à porter le voile à la suite de cet assassinat en soutien à son meurtrier.

Nous sommes continuellement sur la ligne de front.
Nous sommes les boucs-émissaires de la société, du côté des parents et du côté de la hiérarchie, les enfants vont mal, faute à l’enseignant, les résultats sont mauvais, faute aux enseignants.

Puis l’assassinat d’Agnès LASSALLE.

La violence grandissante et la véhémence de certaines familles pour tout et rien.
Avec le recul maintenant, je comprends que j’ai été très impactée par l’assassinat de Samuel PATY. A ce moment, J’avais des CE2 et je faisais l’histoire des religions, les enfants de cet âge posent beaucoup de questions et je me faisais un devoir d’apporter des réponses claires et factuelles. Un enfant avait comparé le Père Noël et Dieu, comme ils peuvent le faire à cet âge-là :
- Mais alors si le Père Noël n’existe pas ? Pourquoi on croit que….

J’avais dû répondre que c’était une question d’éducation, de famille, et que personne n’avait la bonne réponse… qu’ils se feraient leur propre opinion en grandissant…
Un petit garçon le lendemain m’a dit que son papa n’était pas d’accord avec moi… et j’ai commencé à avoir peur.
Puis, une directrice malveillante, prenant partie des familles pour se préserver.
Des années de successions de problèmes disciplinaires, relationnels.
Ponctuées heureusement par des bons moments, mais insidieusement, la fatigue s’installe.
Les cas de maltraitances, la détresse dans le regard des enfants.

Ce qui est terrible, c’est que majoritairement, j’avais des bonnes relations avec les parents et les enfants mais je n’entendais que les mauvaises critiques.


Jusqu’à cette rentrée 2024 où j’ai eu deux élèves qui relevaient d’ITEP, et pour la première fois, je n’ai pas réussi à établir un lien avec l’un des deux. Il me détestait. Me rejetait. Criait sans cesse. Me menaçait du fond de la classe silencieusement mimant un révolver fictif, me tirant dessus sans arrêt.
Tous les jours.
J’étais glacée.
Pour la première fois de ma carrière, je ne ressentais plus le bonheur d’écrire tous les matins la date au tableau, et quand je garais ma voiture le matin, j’imaginais ne plus jamais m’y garer.
J’avais le sentiment que mes collègues n’avaient plus envie de me parler.
D’être nulle. D’avoir échouée. De devenir mauvaise. J’avais peur. Je me sentais seule.

Physiquement, j’avais une boule au ventre, à la gorge, j’étais nouée et d’une extrême lassitude.
Mais surtout, je me forçais tous les jours à aller à l’école. 
Jusqu’au jour où je me suis écroulée chez moi.


Comment votre académie a-t-elle géré votre burn-out ? Qu'auriez-vous préféré qu'elle fasse pour vous ?

-    Bonjour madame, combien de temps va durer votre arrêt ? 
-    Faut prévenir à l’avance pour être remplacée. 
-    Vous pouvez entrer en contact avec votre remplaçant pour lui donner des indications ?
-    Attention, vous êtes en fin de droit, remplissez vos papiers.

Je n’ai eu aucun soutien. J’ai de moi-même pris RDV avec un médecin de l’EN, qui par contre a été formidable. Me conseillant de couper toutes conversations professionnelles. J’en fais le récit dans mon livre.

J’aurai aimé un message de l’inspecteur, il me connaissait depuis longtemps. Un peu d’humanité. Hormis mes proches collègues, aucune personne de la circonscription n’a pris de mes nouvelles.
Lorsque l’inspecteur a reçu ma lettre de démission, il ne m’a pas répondu. Rien.


Au fil des réformes des retraites, les professeurs de la génération d'enseignants actuelle doivent se préparer à enseigner jusqu'à leurs 70 ans. Que voudriez-vous leur dire pour bien anticiper ?

Il faudrait instaurer des passerelles de reconversion au sein de la fonction publique, car soyons honnêtes, professeurs des écoles ou de collège au-delà de 60 ans, relève à mon sens, de la fiction.
A moins d’avoir une très bonne consistance !    

Vous avez dû démissionner car le CLM vous a été refusé : que faites-vous depuis ? 

Je me consacre à l’écriture.
Je fais actuellement la promo de mon livre « Au pays des merveilles ».
Je termine un recueil de contes.


Je me suis inscrite à Pôle emploi (devenu France Travail), où l’on m’a dit que mon statut « démissionnaire de la fonction publique au bout de 30 ans », était, je cite « pour pôle emploi, c’est comme si vous n’aviez jamais travaillé ».

Cela fera un an en mai que ma démission sera actée. Je suis partie sans prime. 
Heureusement, ma situation familiale m’a permis de partir de cette façon.
Je me suis soignée, j’ai encore besoin de me reconstruire.
J’envisage d’essayer des missions « intérim » dans tous les domaines, je suis curieuse de découvrir un autre monde du travail …

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant, ou un salarié en reconversion, qui envisagent tous deux de devenir professeur des écoles ?

De choisir cette profession, par vocation, convaincu de sa mission de transmission. La fonction est difficile, c’est l’amour du métier et nos convictions personnelles qui nous motivent, mais si dès le départ on choisit ce métier en pensant « être peinard » passez votre chemin.
Puis lisez les livres témoignage des enseignants, ils décrivent la réalité.

Et lisez le mien ! Je ne le perçois pas comme négatif, mais comme préparateur au métier. 
Il avertit et déculpabilise les enseignants.

Et quels conseils pouvez-vous donner à toutes celles et ceux que leur hiérarchie méprise, ne respecte pas, qui souffrent de/dans leur métier ?

Faites une pause. Acceptez de vous mettre en arrêt maladie dès les premiers signes de grande fatigue. Écoutez votre corps.
Parlez avec vos collègues. Communiquez avec les sites pour les professeurs, allez consulter le site de l’association AIDE AUX PROFS.

Ouvrez-vous aux autres. Ne masquez pas votre découragement, et surtout ne culpabilisez pas ! N’ayez pas honte !

J’avais honte, je me sentais en échec, je me suis cachée et je n’ai pas écouté mon corps jusqu’à ce que celui-ci s’écroule. Je suis allée bien au-delà de mes forces.

Nous ne sommes pas en échec, c’est l’EN qui est en échec. L’état qui ne donne plus les moyens d’avoir des endroits adaptés aux enfants malades. L’inclusion des enfants porteurs de troubles ou de maladie qui impactent leur comportement est une supercherie, juste une question économique. 

Un mensonge à la société, les professeurs ne sont pas des soignants, ni des spécialistes en psychologie, nous sommes dans les classes pour transmettre et construire le savoir. 
Laissez-nous travailler. 


Si toi aussi, tu as quitté le métier d'enseignant(e), de professeur(e), que tu aies enseigné dans le Public, le Privé, dans le 1er degré, le 2nd degré, l'Université, et que tu as publié un ouvrage pour informer les générations actuelles et futures de l'état actuel du métier de professeur en France, tu peux nous en adresser un exemplaire avec tes coordonnées (mail, téléphone) à :

 

Association AIDE AUX PROFS - 11 Avenue Pasteur - Boîte 26 - 76 000 ROUEN

 

Nous te recontacterons ensuite pour t'indiquer si nous pouvons, comme pour Nathalie JEANNE, en faire une recension accompagnée d'une interview, relayées sur nos 4 sites web.


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