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Sonia, professeure des écoles pendant 23 ans, a obtenu sa Rupture Conventionnelle le 01.09.2025 et devient gérante de chambres d'hôtes à Gap !


Sonia nous contacte pour la première fois début janvier 2023 et nous l'accompagnons dans son projet de Rupture Conventionnelle, qui fut refusé malgré tous nos recours entre juin et août 2024. L'éducation nationale mérite bien le qualificatif de "administration-prison". Même si le professeur est expérimenté, qu'il s'est investi dans ses missions, l'administration manque de gratitude à son égard.

 

Mais Sonia a persévéré avec nous, déterminée, et a obtenu son IRC en juin 2025 pour le 01.09.2025. Avec son conjoint, ils ont quitté Paris, revendant leur appartement, en achetant une grande maison avec piscine pour accueillir leurs futurs hôtes: le projet est lancé. Sonia est devenue gérante de chambres d'hôtes dans une région touristique qu'elle adore. Elle fera découvrir à ses hôtes toutes les richesses de la région de Gap.

La Rupture Conventionnelle de Sonia ne t'es pas inconnue: tu en as entendu parler à la radio et à la télévision sur RMC le 9 octobre 2025, un reportage réalisée par Bérengère BOCQUILLON, Cheffe du Service Société sur RMC.

 

Sonia vient de réussir son projet et lance ses chambres d'hôtes dans la région de son enfance, dans les Alpes, elle qui rêvait d'une reconversion. Elle a accepté de répondre aux questions de l'association AIDE AUX PROFS qui l'a accompagnée pendant 2 ans vers cette reconversion qui lui a redonné le sourire et beaucoup d'énergie.



Quel a été votre parcours professionnel de la fin de vos études jusqu’à votre reconversion actuelle ?


L’éducation nationale fut mon premier employeur à la sortie de mon cursus universitaire. Après une prépa littéraire et une maitrise de lettres modernes, les voies qui s’ouvraient assez naturellement à moi étaient celles de la recherche ou de l’enseignement. Ne souhaitant pas devenir un enseignant-chercheur car j’avais besoin de concret, l’enseignement m’est vite apparu comme la bonne option. Néanmoins, je n’aspirais pas à devenir professeur de français, ce qui m’aurait « limitée » à l’enseignement d’une seule matière. Toute ma scolarité, cette obligation de faire des choix a été compliquée pour moi, élève scolaire et en réussite dans tous les domaines. J’ai donc passé le concours de professeur des écoles en candidat libre, tout en achevant ma maitrise de lettres modernes afin de répondre à mon souhait de polyvalence. J’ai intégré l’IUFM pour une année de formation avant ma titularisation à la rentrée 2003, à tout juste 22 ans.


Quels projets pédagogiques aviez-vous pu mener et desquels êtes-vous la plus fière ?


J’ai été immensément heureuse d’enseigner ! Je reste persuadée que c’est dans mon ADN ! J’ai pu mener des projets audacieux et innovants pendant une partie de ma carrière.

 

Après mon cursus plutôt littéraire, c’est dans l’enseignement des sciences que je me suis le plus épanouie. En 2011, sur proposition de mon inspecteur de circonscription, j’ai intégré le groupe des Maîtres Ressources en sciences de l’académie de Paris, dont l’objectif consistait à dynamiser l’enseignement des sciences sur l’académie de Paris. Cette mission m'a permis de mener un projet au-delà de ma seule école. C’était aussi pour moi une reconnaissance de mes compétences que l’institution valorisait. Pendant une dizaine d’années, j’ai aussi participé à l'agenda 21 des écoles parisiennes qui est projet d'éducation au développement durable sur l'académie de Paris. J'ai porté ce dispositif dans ma classe de CM2 avant de l'étendre progressivement à toute l'école, en faisant ainsi un projet de cohésion pour l'équipe. Chaque année, nos classes participaient à un événement académique important. En 2014-2015, par exemple, mes élèves de CM2 ont participé à des échanges via e-twinning avec des élèves du monde entier dans le cadre de la conférence pour le climat qui se tenait à Paris. En 2013, toujours dans le cadre de l’Agenda 21 des écoles parisiennes, j’ai engagé ma classe de CM2 dans un projet d’économie sociale et solidaire (ESS) avec l’association Babyloan networks comme partenaire principal.

 

Cette association développait des partenariats avec des micro-entrepreneurs à travers le monde. J'ai ensuite intégré le comité de pilotage de l'association pour construire des outils à destination des enseignants. Mon métier reposait alors sur des projets que je portais et pour lesquels je me sentais encouragée.


Quelles compétences avez-vous développées durant tout votre parcours de carrière ? Lesquelles vous ont accompagnées dans votre reconversion de professeur ?


L’enseignement nous amène constamment à nous interroger sur nos pratiques et du même coup sur nos compétences. A mon sens mes compétences en termes de « savoir-être » et de « savoir-faire » ont été déterminantes tout au long de ma carrière.

 

Certes, enseigner exige des connaissances et donc des compétences cognitives, mais vous n’en ferez rien si vous n’êtes pas capables de les transmettre ou si vous ne savez pas gérer un groupe d’élèves. Et ça, malheureusement, on ne vous l’apprend nulle part ! J’ai vite compris que mon relationnel aux élèves était essentiel et qu’il fallait trouver « le bon ton », « la bonne posture », le tout avec une dose d’humour et d’autorité. Tout au long de ma carrière, j’ai exercé une veille active sur les méthodes pédagogiques, afin de faire évoluer mes savoir-faire pour mieux transmettre aux élèves, j’ai appris à utiliser le numérique pour le mettre au service de mon enseignement. Progressivement, j’ai appris à construire mes propres outils pédagogiques, à les adapter à l’hétérogénéité de mes classes. Ce qui est certain, c’est que mes compétences se sont davantage renforcées et étoffées par mon travail et mes recherches personnels que par le plan de formation institutionnel. 


Aviez-vous songé à devenir chef d’établissement ou inspecteur ? Indiquez pourquoi vous avez préféré quitter l'Education Nationale plutôt que de tenter une reconversion interne.


Les postes de direction ou d’inspecteur ne m’ont jamais fait rêver ! J’assimile ces postes à des responsabilités administratives et à la mise en œuvre d’objectifs chiffrés venant de plus haut…

 

Encouragée par un inspecteur formidable (ça existe !) j’ai envisagé de devenir formatrice. A l’issue de l’épreuve orale, mon rapport final mentionnait que  je n’étais « pas assez institutionnelle ». Avec le recul, je le prends comme un merveilleux compliment ! J’ai toujours voulu expérimenter des méthodes et des outils pédagogiques innovants, créé la plupart de mes contenus et supports, preuve de mon questionnement permanent et de mon envie de faire réussir les élèves. Avec le recul, je pense que j’aurais dépéri si j’avais eu à devenir l’exécutant d’un inspecteur. 

 

Si vous avez rencontré des difficultés, quelles étaient-elles ? L'administration ou vos collègues vous ont-ils aidée à les surmonter ? 


La première grande difficulté rencontrée fut incontestablement le « pas de vague » qui plombe notre métier lorsqu’un incident survient.

 

Pour moi ce fut d’abord une maman qui, pour justifier son refus de laisser partir son enfant en classe de découverte préférait m’en faire porter la responsabilité en inventant des incidents en classe ou en me prêtant des propos injurieux à l’égard de son enfant. J’entends encore ma directrice prononcer ces mots, en présence de la maman et de l’inspectrice : « c’est ta parole contre celle de l’enfant ».  Et il y a eu cette réponse de l’inspectrice face à une famille radicalisée dont le papa refusait de nous serrer la main et nous accusait de racisme pour justifier le comportement de son enfant : « votre travail, c’est de remettre du dialogue avec la famille ». Pendant un an, j’ai quitté l’école la peur au ventre, me retournant dans la rue avec la peur que ce papa puisse m’agresser physiquement après de nombreuses intimidations verbales. La solution au problème n’a pas été apportée par l’institution ; la famille est partie s’installer à l’étranger, permettant à l’équipe entière de retrouver de la sérénité, car nous subissions tous cette famille depuis plusieurs années. Ma dernière grande épreuve fut le CAFIPEMF. Après avoir toujours obtenu des notes exemplaires, avoir été reconnue et valorisée sur l’académie et même encouragée à passer cet examen, je me suis heurtée à une sentence qui tenait en une conclusion : « pas assez institutionnelle ». Cette observation était en contradiction avec l’inspectrice qui m’avait encouragée à partager mes pratiques « innovantes et audacieuses bénéfiques pour les élèves » dans mon dernier rapport d’inspection.


Aviez-vous peur de vieillir dans ce métier ?

Lorsque j’ai débuté, à l’âge de 22 ans, je pensais sincèrement réaliser l’intégralité de ma vie professionnelle dans ce métier. J’étais pleine d’entrain et de projets. 


Aujourd’hui, dans une société où l’individualisme prime, avec des élèves incapables de se concentrer plus de 10 minutes, une institution en dessous de tout, je ne me serais pas vue continuer comme ça jusqu’à la retraite. J’aurais terminé aigrie et épuisée ! 

 

Quand s'est produit en vous l'envie d'évoluer professionnellement et quel en a été le facteur déclencheur ? 


Le CAFIPEMF il y a une dizaine d’année a été le premier déclencheur. Peu à peu, le sentiment d’échec a laissé place à « cette institution ne me mérite pas ». Ce sentiment s’est renforcé avec la succession de réformes qui se sont accumulées ces dernières années, sans jamais nous consulter.

 

Le navire sombre, avec un niveau scolaire de nos élèves qui devrait être un véritable signal d’alarme. Au lieu de cela, on abaisse les exigences, on dilue l’enseignement en nous en demandant toujours plus (apprendre à nager, à marcher dans la rue, à être empathique et j’en passe…). Mon ultime entretien de carrière fin 2019 a achevé de me convaincre qu’il fallait fuir. J'ai eu le droit à un rapport complètement en décalage avec l'entretien mené et absolument cassant.  Ayant toujours été évaluée et notée positivement depuis le début de ma carrière, cet entretien de carrière a sonné le glas du peu de confiance qu'il me restait en cette institution. J'ai sollicité une révision de cette évaluation, mais le COVID et le confinement ont été un excellent prétexte pour que mes remontées restent sans réponse me plongeant un peu plus dans un sentiment d'injustice. Parallèlement à ma carrière d’enseignante, une petite graine avait germé dans ma tête depuis plusieurs années, au gré de mes itinérances montagnardes avec mon conjoint : ouvrir un gîte ou une chambre d’hôtes pour accueillir et partager des moments de vie simples.


Quelles raisons profondes vous ont conduite à quitter l'enseignement 


Les raisons sont multiples sans forcément être liées les unes aux autres. Il est évident que l’appel de la montagne s’est fait plus prégnant d’année en année. Néanmoins à aucun moment je n’ai envisagé l’idée d’une mutation pour poursuivre dans l’enseignement. Je pense qu’une forme de bascule s’est opérée il y a une dizaine d’années. J’ai commencé à ressentir le besoin de réfléchir à ma vie professionnelle et à me questionner sur mon métier.

 

J’étais de plus en plus en désaccord avec les mesures prises par l’institution, notamment sur les changements de programmes incessants, toujours synonymes de nivellement par le bas sous couvert d’égalité des chances. Résultat des courses, on en demande toujours moins à nos élèves pour des résultats plus que médiocres. J’ai vu le niveau baisser d’année en année, inexorablement, tout comme notre niveau d’exigence.

 

Je déplore aussi le sentiment d’être devenue un « gratte-papier » administratif, passant mon temps à remplir des formulaires de demande d’aide, à cocher des compétences toujours plus inutiles, faire des comptes-rendus de ceci ou de cela, etc. L’institution nous a transformé en agents administratifs devant obéir à des directives toujours plus sidérantes. A mon sens, nous avons abandonné nos élèves renonçant au goût de l’effort et à toute forme d’exigence. Il faut se satisfaire du minimum. Je crois aussi que l’évolution de notre société a joué un grand rôle dans mon changement de vie professionnelle. On ne va pas se mentir, les parents d’aujourd’hui ont parfois une drôle de manière de (dé)considérer les enseignants de leurs enfants. L’absence de soutien de la hiérarchie est toujours de mise. J’ai vécu le paroxysme du silence de l’institution avec une famille radicalisée dont l’enfant tyrannique était ingérable. L’inspection m’a demandé de « remettre du dialogue » avec cette famille alors que j’exprimais un sentiment de peur de croiser le père de famille à la sortie de l’école à la suite de plusieurs propos menaçants…


Avoir été enseignante a-t-il été un atout ou un handicap dans votre projet de reconversion ?


Être enseignante n’a pas été un handicap. Ma polyvalence et mes compétences relationnelles sont des atouts importants pour mon nouveau métier.

 

A qui vous êtes-vous adressée pour réussir ce changement et pourquoi ? 


Je me suis naturellement tournée vers l’association « AIDE AUX PROFS » que j’avais connue une dizaine d’années plus tôt, après la lecture d’un livre au titre évocateur : Souffrir d’enseigner… Faut-il rester ou partir ? A la suite de cette lecture, j’avais pris un premier contact avec l’association et bénéficié d’un premier accompagnement par Rémi BOYER, auteur du livre et fondateur de l’association. Ce premier contact m’a permis de commencer à faire émerger un vrai projet et m’a surtout convaincue qu’une autre voie serait possible, à un moment ou un autre. Après avoir levé des incertitudes sur le plan professionnel pour mon conjoint et présenté le projet à nos trois enfants, je n’ai pas hésité une seule seconde à reprendre contact avec l’association grâce à laquelle j’avais entamé une réflexion. Les dispositifs d’accompagnement s’étaient largement diversifiés depuis mon premier contact et les témoignages d’enseignants accompagnés par l’association constituaient un réel espoir de réussite.


Qu’avez-vous pensé de l’accompagnement de l’association AIDE AUX PROFS pour vous aider à quitter l’Education nationale ?


Je pourrais identifier cet accompagnement à une course d’alpinisme : nous formons une cordée contre des chutes vertigineuses (psychologiquement, il faut tenir, car il faut continuer à bosser tout en menant son projet) et mon guide, Rémi, m’a ouvert la voie de la réussite. Comme en alpinisme, il a fallu renoncer face à des conditions défavorables pour revenir plus forts et atteindre l’objectif. 


Décrivez-nous les étapes de votre projet pour lequel vous avez obtenu votre Rupture Conventionnelle à la rentrée 2025 avec AIDE AUX PROFS, jusqu'à sa réussite.


Mon parcours a débuté en juin 2023 avec un premier contact avec l’association pour définir l’option à laquelle j’allais adhérer pour mon parcours de reconversion.

 

J’ai ensuite bénéficié d’un accompagnement personnalisé par Rémi BOYER tout au long des étapes pour solliciter une rupture conventionnelle. J’insiste sur l’importance de cet accompagnement qui nous permet de nous délester d’une grande part de charge mentale en ce qui concerne notre communication avec l’administration et les codes à respecter. Il n’est jamais évident de rédiger une lettre à son employeur pour solliciter une rupture conventionnelle en mettant à distance ce qui relève de l’émotionnel et du manque de reconnaissance de notre métier.

 

J’ai également bénéficié d’une séance de préparation avant l’entretien obligatoire avec l’employeur dans le cadre d’une demande d’IRC. Cette préparation m’a permis de me préparer à toutes les questions possibles grâce au retour d’expérience dont bénéficie l’association.

 

Au-delà de cet accompagnement concret, l’association m’a également apportée des pistes sur les éléments essentiels à la constitution de mon dossier : présentation de mon projet, constitution d’un business plan, etc.

 

Lorsque j’ai essuyé un premier refus, c’est encore auprès de l’association et de Rémi que j’ai trouvé les réponses quant aux modalités de recours et aux démarches à effectuer.

 

En 2024, la situation politique française n’a pas favorisé la mise en place des recours et j’ai donc décidé de faire une nouvelle tentative à la rentrée scolaire. Cette fois-ci, ma situation était différente puisque nous avions acquis un bien immobilier dans les Hautes-Alpes pour la réalisation du projet.

 

L’association m’a donc de nouveau accompagnée tout au long du parcours, avec une possible réorientation vers la démission si ma demande de rupture conventionnelle venait à être refusée une seconde fois. 


J’ai obtenu ma rupture à l’issue de l’année scolaire 2024-2025. Nous nous sommes installés à Gap en juillet 2025 nous avons ouvert notre maison d’hôtes et accueilli nos premiers clients en janvier 2026, pour mon plus grand bonheur ! 

 

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Racontez-nous comment vous aviez préparé votre activité de gérante de chambres d'hôtes depuis 2023-2024 pour expliquer une telle réussite, 6 mois après l'obtention de votre Rupture Conventionnelle.


La préparation du projet, tout en continuant à travailler, n’est pas évidente. Néanmoins, j’ai réussi à tout mener de front. Le secteur géographique était délimité à notre « région de cœur » sur un axe Gap-Briançon, et nous avons donc commencé à rechercher un bien à l’été 2024, après l’échec de ma première demande d’IRC. Nous avons décidé de concentrer nos recherches autour de la ville de Gap dans un premier temps, afin de pouvoir proposer à notre fils de 13 ans un cadre de vie plus proche de ce qu’il connaissait alors, tout en profitant du cadre montagnard. Nous avions acté avec nos deux autres enfants, âgés de 18 et 21 ans, que ce projet ne devait pas les impacter, étant tous deux étudiants en régions parisienne. C’est le hasard de la trouvaille immobilière qui a donc fait évoluer le projet vers une chambre d’hôtes et non un gîte. Notre maison se prête davantage à cette formule d’hébergement qu’à un accueil de groupe. Le cadre urbain y est également plus favorable, même si le premier sentier est à moins de 500 mètres. Au-delà du déménagement XXL qu’il a fallu organiser depuis la région parisienne, il a fallu que je prépare ma reconversion.

 

Il n’existe pas de diplôme pour gérer un gîte ou une chambre d’hôtes, néanmoins, il existe des organismes indépendants qui proposent des formations spécifiques. J’ai pu m’inscrire à des sessions qui correspondaient à des périodes de vacances scolaires. La participation à ces formations m’a permis d’apporter des preuves formelles de l’avancement de mon projet lors de ma seconde demande d’IRC.


Parallèlement, j’ai pris contact avec la chambre de commerce et d’industrie de mon nouveau département, afin d’être accompagnée sur la partie création d’entreprise et choix du statut juridique. Cet accompagnement est indispensable car notre profession subit des changements de réglementation majeurs en ce moment, qui sont encore en suspens, mais dont les conséquences pourraient avoir un impact sur mon business plan initial. Il ne faut donc pas se tromper. Pour bénéficier d’un accompagnement spécifique à l’entrée dans ce nouveau métier, j’ai également fait appel à « gîtes de France » dont la réputation et le label m'ont permis d’avoir une visibilité immédiate pour aller chercher une clientèle et constituer un premier réseau.

Que conseilleriez-vous aujourd’hui à une personne qui souhaite devenir professeur ?


Ce qui est certain, c’est que je ne conseillerais ce métier à personne !  Mais si j’avais un conseil à donner à qui rentre dans l’éducation nationale, c’est de se protéger et de ne jamais oublier que l’institution ne lui fera pas de cadeau.


Que conseilleriez-vous à un collègue qui souhaiterait quitter l'enseignement ?


Je lui conseillerais d’abord de faire un bilan de compétences pour bien définir son projet et de se faire accompagner. En dernier lieu, je lui conseillerais de ne surtout pas abandonner et de croire en lui !

 

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Sonia a accepté de réaliser la fiche pratique ci-dessous pour nos lecteurs (professeurs et autres salariés de tous domaines) qui seraient intéressés par un projet d'ouverture de son gîte ou de gestion de chambres d'hôtes :
        

Gîte et Chambre d’hôtes sont deux modèles d’hébergement touristique distincts dont le point commun est de partir en vacances « chez l’habitant ».
Depuis plusieurs années, les gîtes sont en plein essor, comme en témoigne l’augmentation spectaculaire de ‘offre de meublés de tourisme sur internet. A contrario, les marché des chambres d’hôtes est mature, les nouvelles ouvertures ne faisant que compenser les fermetures. La chambre d’hôtes offre des prestations différentes, telles que le petit déjeuner, le linge de lit et de toilette, ce qui n’est pas le cas du gîte, où le client est en autonomie.
Complément de revenu ou véritable activité professionnelle, c’est un secteur très concurrentiel et réglementé. Voici les étapes clés d’un tel projet.


1.    L’étude de marché

Avant de se lancer, il est important d’étudier son territoire afin de connaitre les différentes offres d’hébergements touristiques ainsi que l’éventuelle concurrence.
Si c’est une reprise d’un hébergement existant, l’étude du chiffre d’affaires du vendeur permettra de se faire une idée précise de la santé de l’hébergement.
Se distinguer par une offre spécifique peut être un bon moyen de se démarquer : proposition spécifique pour le télétravail ou tourisme expérientiel (destination bien-être, hébergement insolite, etc.), choisir un label mettant en avant une démarche écologique, se positionner sur des plateformes adaptées.

2.    Moyens pour démarrer l’activité

Si aucun diplôme n’est requis pour ouvrir des gîtes ou des chambres d’hôtes, se former est important. Voici quelques structures proposant des formations :


-    Accueillir Magazine propose plusieurs formations pour les porteurs de projets deux jours pour ouvrir gîtes ou chambres d’hôtes », « gagner des réservations en direct sur internet » et des ateliers « focus ». Ces formations portent sur les démarches à effectuer, la gestion au quotidien, la commercialisation ou encore les revenus. Ces formations sont proposées en présentiel et en distanciel, associée à la publication d’un magazine du même nom, véritable mine d’or pour les acteurs du secteur.


-    Atout France est un opérateur de l’Etat en charge du développement de l’offre touristique française et propose des formations (en présentiel et en distanciel) aux acteurs publics et privés du secteur du tourisme.
Le prérequis est bien entendu l’acquisition d’un bien immobilier de qualité permettant de mettre en œuvre l’activité. Le choix du lieu est essentiel et doit tenir compte de différents facteurs tels que l’attractivité, l’accessibilité ou encore le cadre de villégiature.


Ouvrir un gîte ou une chambre d’hôtes implique souvent la réalisation de travaux de rénovation ou d’aménagement afin de mettre le logement en conformité avec les normes sanitaires, de sécurités et environnementales, mais aussi avec les attentes des clients.  Outre la literie de qualité, plusieurs achats sont à prévoir et à renouveler au fil du temps : kit bébé, mobilier de jardin, jeux de société, etc. Certains outils spécifiques à la gestion hôtelière sont également à envisager, tels que l’acquisition d’un terminal de paiement externe pour les cartes de crédit ou un Channel Manager, logiciel permettant de synchroniser son calendrier de réservation sur toutes les plateformes. 


La promotion de son hébergement est une étape essentielle. Le choix du nom et du logo sont votre premier contact avec le client. C’est la première impression transmise aux clients. Il faut donc être en accord avec son image et son positionnement. N’oubliez pas d’acquérir le nom de domaine associé pour pouvoir créer votre site internet. Ovh.com/fr vous permet de vérifier que le nom de domaine est disponible. La réalisation de cartes de visites est une bon outil de promotion de proximité. Se faire connaitre es une étape clé du développement : pour se constituer un réseau, on peut contacter l’office du tourisme, la mairie, les commerces, la presse locale, etc.

 

La stratégie de webmarketing est également stratégique : bien référencer son site internet, choisir des sites de tourisme où se faire référencer (attention aux commissions). Ne pas négliger les réseaux sociaux. En 2021, 77% des Français ont réservé leur hébergement via internet.
Pour proposer la table d’hôtes, l’obtention d’un permis d’exploitation auprès d’un organisme agréé est obligatoire, avant dépôt en mairie en échange d’un récépissé spécifique à l’exercice de cette activité.


3.    Eléments financiers


Les prix sont libres. Il est important d’étudier les tarifs proposés par la concurrence avant de se positionner et de prendre en considérations les saisons, ainsi que le niveau d’équipement proposé.
Quelques services peuvent être proposés en sus, tels que la recharge d’un véhicule électrique ou la prestation de table d’hôtes le soir. 


Plusieurs aides existent pour aider au financement de la rénovation énergétique, comme Ma PrimeRenov’ ou l’éco- prêt à taux zéro (éco-PTZ). Il existe parfois des subventions spécifiques émises par les conseils régionaux et départementaux.


4.    Règles de la profession


Chambres d’hôtes et gîtes doivent être déclarés en mairie. Attention pour les gîtes, la législation s’est durcie ces dernières années en raison du développement exponentiel de l’offre proposée par des plateformes dédiées. Il faut notamment vérifier le nombre maximal de jours de location autorisés par an.
L’assurance du logement est importante et ne nécessite pas forcément de contrat spécifique à l’activité. Cela dépend des assurances. Certains assureurs ajoutent une mention de l’activité à votre dossier, sans changer les conditions de votre contrat. Bien entendu, il est important de vérifier les clauses de votre contrat d’assurance.


Choix du régime social 
Pour les gîtes : affiliation obligatoire à un régime spécifique si les revenus dépassent 23.000,00€ par an. En dessous de ce plafond,le revenus de l’activité relèvent de la gestion du patrimoine privé et ne donnent pas lieu à cotisations sociales. Ces sommes sont alors à déclarer à l’administration fiscale lors de la déclaration de revenus.

 

Pour les chambres d’hôtes : affiliation au régime des Travailleurs non-salariés (TNS) pour l'assurance maladie, maternité, vieillesse, invalidité et décès. Si le revenu dépasse 6.028,00€ 


Régime fiscal
TVA : les gîtes en sont exonérés sauf s’ils proposent des prestation para-hôtelières comme le petit-déjeuner, la fourniture du linge de maison, etc. Les chambres d’hôtes sont exonérées de TVA tant que le CA ne dépasse pas 85.000,00€ et 37.500,00€ pour les prestations de services (comme la table d’hôtes)


Micro-entreprise ou entreprise classique ? Le régime de la micro-entreprise est un régime simplifié qui s’applique jusqu’à un certains seuil de chiffre d’affaires : 77.700,00€ pour les chambres d’hôtes et les gîtes classés, 15.000,00€ pour les gîtes non classés. Au-delà de ces seuils, l’entrepreneur passe au « réel ». L’entrepreneur peut aussi choisir les régimes d’entreprise classiques (SAS, SARL).


CFE : cotisation foncière des entreprises : calculée sur la base de biens soumis à la taxe foncière.


Taxe de séjour : prélevée par le loueur pour le compte des collectivités territoriales. Depuis 2019, les plateformes de réservation doivent collecter la taxe de séjour et la reverser aux communes.

Nos adhérents peuvent bénéficier d'une mise en relation avec notre ancienne adhérente, Sonia, ainsi qu'avec une partie de nos 2.200 anciens adhérents (entre 2006 et 2025) qui ont réussi des projets dans tous les domaines.

 


Si tu veux obtenir toi aussi ta Rupture Conventionnelle pour quitter ce métier de professeur que tu ne supportes plus, c'est le moment ! N'attends pas les prochaines élections présidentielles, au cas où le prochain parti au pouvoir déciderait de la supprimer...


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