Faut-il parler de reconversion, ou d'évolution professionnelle ?


Les deux termes semblent synonymes, et pourtant...

 

La reconversion désigne le changement d'activité, de profession, supposant une formation différente et une adaptation à ces changements. Elle peut signifier aussi le retour à une situation initiale, une activité antérieure. Le terme de "reconversion" est chargé négativement de sentiment d'échec, on l'emploie dans le cadre de Plan Social d'Entreprise, de restructuration administrative.

 

L'évolution professionnelle est chargée positivement, car facteur de nouvel emploi, de progression en missions et responsabilités, et donc de revenus.

 

Elle suppose une transformation de la personne, à travers la formation continue notamment, qui la rend alors opérationnelle dans le secteur d'activité qui l'attire.  Cette transformation s'effectue dans une dynamique de changement, vecteur de bien-être pour la personne, et facteur d'une meilleure productivité pour la structure qui l'emploie ou qu'elle décide de créer.

 

Ce n'est pas un hasard si la réforme du Compte Personnel de Formation (CPF)  a créé la prestation de Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) plutôt que de parler de Conseil en Reconversion.

 

Didier COZIN, ancien enseignant et expert sur le DIF, vous explique le CPF.

 



Pour connaître vos droits au CPF, consultez ce nouveau portail mis en place par la Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social.

 

Pour réaliser une évolution professionnelle, après avoir enseigné 1 ou plusieurs décennies, voilà vos possibilités:

 

- Par concours interne ou externe

Si vous avez dépassé l'indice terminal de la grille de rémunération du corps d'accueil, il y a peu de chances que vous obteniez ce concours, pensez à bien vérifier cet élément. Si vous étiez à un indice supérieur à l'indice terminal du corps d'accueil (par exemple en cas de passage de la catégorie A à la catégorie B), l'administration vous reclassera à l'indice terminal de ce corps, donc à un indice inférieur. Par contre, si vous aviez été affecté en détachement sur un poste de catégorie B alors qu'étant en catégorie A, ce qui est très rare en détachement, vous auriez eu votre salaire de catégorie A.

 

- En détachement:

Ce n'est pas une solution pérenne, il faut avoir quelque peu le goût du risque. Vous perdrez votre affectation actuelle et vos points de barème, que ce soit ou pas un poste fixe ou un poste de remplaçant, pour être affecté dans la "29e base" qui est celle des détachés en France et à l'étranger.

 

- En disponibilité:

C'est un autre projet, dont l'objectif peut être soit "d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte", soit d'envisager un départ progressif de la fonction publique, en abandonnant la sécurité de l'emploi propre au statut de fonctionnaire. 

 

- Après démission:

C'est un grand saut en avant, surtout si vous n'avez jamais travaillé dans le privé, enchaînant la fonction publique juste après vos études. Prenez le temps de la réflexion, faites-vous accompagner, demandez à notre expert de vous mettre en contact avec d'anciens enseignants qui ont suivi cette voie. Si vous n'avez pas bénéficié de l'IDV, vous pouvez obtenir l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) après démission, d'une durée maximale de 2 ans, pour un taux de 54% bruts de votre dernier salaire dans l'Education Nationale. Notre expert vous mettra en contact avec d'anciens enseignants qui en ont bénéficié.

 

- En cumul d'activités:

Le décret du 20 janvier 2011, qui s'est appuyé sur une des idées que Rémi BOYER a donné à Josette THEOPHILE, ancienne DGRH de l'EN,  a ouvert une nouvelle voie, permettant de rester enseigner tout en s'investissant dans une passion personnelle pour en faire un complément de revenus. Cependant, la loi Déontologie des fonctionnaires du 20 avril 2016 a limité cette possibilité. De plus en plus les cumuls de ce type sont limités à 2 à 3 ans par l'administration.