Depuis mai 2017, le Ministre Jean-Michel BLANQUER a conçu un slogan fort: l'école de la confiance.

 

Pour la première fois, il ne fait plus de l'élève le seul centre des préoccupations du système. Il y associe le professeur, pour le soutenir, l'accompagner, le valoriser, lui redonner confiance dans son métier.

 

L’enjeu est de mettre la personne au cœur de la politique des ressources humaines, et c'est cela, la nouveauté. Une Gestion des Ressources Humaines plus humaine, est-ce possible dans cette gigantesque administration ?

 

Il est le premier à évoquer ouvertement l'importance des évolutions de carrière, sans exclure la mobilité vers d'autres administrations, un message que nous diffusons sur le web depuis 12 ans, dont 10 ans via le Café Pédagogique.

 

Le Ministre souhaite transformer la formation initiale en recrutant des professeurs à mi-temps en école, collège et lycée, au lieu des formateurs éloignés du terrain depuis de trop nombreuses années. Ce sera la garantie d'une formation moins théorique, beaucoup plus opérationnelle que celle des ex-IUFM et bientôt ex-ESPE.

 

Surtout, à compter de janvier 2019, il compte développer une meilleure formation continue, car être professeur, c'est entrer dans un processus de formation tout au long de sa vie pour être pleinement opérationnel quel que soit le lieu d'enseignement, et le niveau des élèves confiés.

 

"Mieux accompagner les professeurs tout au long de leur carrière" est la fiche n°20 (page 84) de son document de rentrée 2018 et pour toute l'année 2018-2019 qui s'annonce très riche. 

 

La moitié des académies expérimentent ainsi une gestion de proximité des ressources humaines en nommant une personne dédiée au plus près des écoles et des établissements.

 

Ce dispositif poursuit quatre objectifs principaux :

* offrir aux personnels un interlocuteur proche de leur lieu de travail qu’ils pourront consulter sur simple demande ;

* être à l’écoute des personnels, notamment en ce qui concerne les conditions de travail ;

* répondre aux demandes des personnels désireux de se former et d’évoluer vers de nouvelles fonctions ou de nouvelles carrières ;

* apporter une expertise ressources humaines aux cadres : chefs d’établissement, inspecteurs de l’éducation nationale, etc.

 

Tout reste à concevoir pour espérer réussir cette GRH de proximité :

- Comment seront formés les "interlocuteurs proches" du lieu de travail des professeurs ? Quels seront les diplômes requis ? Quelle expérience ?

- Quelle forme d'écoute: par téléphone ? par entretien ? Sur quels horaires ? Directement dans les établissements, ou VRP dans un panel d'établissements ?

- Quels seront les moyens de résoudre des difficultés professionnelles : extraction de l'établissement pour des stages de remotivation ? Formation plus ou moins longue en fonction du besoin identifié ? Avec quel type de formateur ? Interne, ou externe ?

- Quels formateurs pour combien de professeurs concernés chaque année ?

- "De nouvelles fonctions", "de nouvelles carrières": le 360 degrés sera-t-il de mise, ou va-t-on voir perdurer les seules voies d'évolution au sein l'Education nationale ? Le choix de la personne sera-t-il retenu, ou orienté selon les besoins académiques ?

- Les nécessités de service pour les demandes de temps partiel, mi-temps, congés de formation, disponibilités pour convenances personnelles, et même démissions, se réduiront-elles ?

- La mobilité tout au long de l'année scolaire deviendra-t-elle enfin possible ?

 

Beaucoup de questions se posent, et il faudra de nombreux experts en GRH pour y répondre, et réaliser un suivi de cette expérimentation, des esprits empathiques et créatifs, pour répondre à ce véritable challenge initié par Edouard GEFFRAY, DGRH.

 

L'important est cette fiche n°20: donnons sa chance à cette impulsion positive. Elle peut vous permettre de vous remotiver et continuer d'enseigner.

 

Sur les 15.000 professeurs que nous avons informés, conseillés, depuis 12 ans, ressortent trois constantes majeures:

 

- 90% de ceux qui souhaitaient évoluer hors de l'enseignement le faisaient par résignation, du fait de conditions de travail dégradées.

- 90% des souhaits de mobilité professionnelle hors enseignement s'orientaient vers des mobilités internes.

- Près de 70% de ceux qui se sont orientés par concours interne vers le métier de chef d'établissement l'ont fait après avoir échoué dans d'autres voies. C'était donc un choix par défaut, ce qui ne coïncide pas avec les exigences de ce métier qui requiert une forte motivation, une capacité à mobiliser des équipes, à leur donner confiance, à les soutenir et les valoriser au quotidien.

 

PUISSE L'ECOLE DE LA CONFIANCE REDONNER L'ENVIE A CELLES ET CEUX QUI L'ONT PERDUE, POUR QUE LE CHOIX D'UNE EVOLUTION HORS ENSEIGNEMENT SOIT UN CHOIX REEL, ET NON UNE FUITE.

 


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