Les contacts parents-profs sont source de multiples tensions, et parfois d'agressions physiques


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Tous les enseignants sont confrontés aux parents d’élèves et à leurs exigences. Ces dernières décennies, la montée en puissance des familles monoparentales, avec l’accroissement des divorces, a fait beaucoup de mal à l’Ecole, car on rencontre souvent sur les deux parents divorcés un qui est plus laxiste que l’autre, et cela s’en ressent en classe dans la motivation, et le comportement de l’enfant.

 

Les parents sont aussi très exigeants car ils se projettent dans la réussite ou l’échec de leurs enfants, notamment pour ceux qui subissent eux mêmes une précarité professionnelle : chômage de longue durée, Revenu Minimum d’Insertion (RMI), Revenu de Solidarité Active (RSA)… L’enseignant est souvent tenu pour responsable (d’après les ressentis de ceux qui témoignent)  des mauvais résultats de l’enfant, même si celui-ci ne réalise pas toujours le temps de travail personnel que l’on attend de lui. On reprochera à l’enseignant de « manquer de pédagogie », « d’aller trop vite », de « donner trop de devoirs », de « noter trop sèchement », etc.

Ces dernières années, le passage au cahier de texte numérique a multiplié les sources de tensions, puisque les enseignants doivent aussi répondre aux sollicitations par mail des parents, qui peuvent lire le soir au jour le jour ce que l’enseignant a inscrit comme leçon ou comme devoirs dans le cahier de textes numérique.  Les contestations des parents d’élèves en sont rendues plus aisées, et, avec le développement de l’école du numérique, l’enseignant est de plus en plus contrôlable, « tracé » sur le web.

 

De plus, grâce (ou à cause de ?) à la percée du téléphone portable dans les écoles, collèges et lycées, les parents  peuvent être informés à la minute près des problèmes survenus en classe à l’encontre de leurs enfants. Avec le développement fulgurant de l’usage des smartphones, entre les mains d’un public très consommateur de nouvelles technologies, avec un appétit croissant pour les images et les films qu’ils permettent de réaliser, le métier d’enseignant se complique. Certains s’aperçoivent par hasard sur la Toile qu’ils ont été filmés, photographiés par leurs élèves, et n’ont plus qu’à porter plainte à la police pour diffamation, en déposant une main courante, car bien souvent les parents minimisent l’impact de tels comportements de la part de leurs enfants, et n’acceptent pas que l’enseignant confisque le téléphone portable, tellement cet outil fait partie de la vie intime de leur enfant. Avec le cyber-harcèlement et les innovations technologiques successives, le métier d’enseignant se complexifie.

 

Evelyne, 31 ans, enseigne l’anglais à plein temps depuis 5 ans en collège, et ce regard critique croisé des élèves et des parents lui pèse :

« J'ai travaillé dans presque tous les niveaux possibles, et je retrouve toujours le même public et les mêmes problèmes. J'aimerais essayer avec des adultes, mais je me demande un peu si ce serait une perte de temps. A la base j'aime toujours préparer des cours, ce que je trouve très intéressant. Mais je n'aime pas la pratique de l'enseignement. Je n'aime surtout pas l'image fausse que le public a de ce que je fais, les élèves pénibles et insolents, les parents qui pensent pouvoir mieux faire que moi, le temps que j'ai passé à faire des études de très haut niveau pour enseigner des choses de base, les problèmes avec certains collègues et principaux, ne jamais pouvoir travailler où je veux, devoir travailler chez moi le soir et le weekend, les réunions inutiles sans cesse ainsi que les évaluations supplémentaires (B2i, socle de compétences...)... etc. Je ne trouve pas normal de toujours avoir les mêmes problèmes avec les élèves, les parents, les collègues et l'administration, et comme je pense que je pourrais être nettement plus épanouie, appréciée et moins stressée dans un autre métier, j'envisage d'arrêter d'ici 2 ou 3 ans. »