Un manque de formation ou une formation inadaptée est source de perte de confiance et d'estime de soi.


Les enseignants ont été ciblés ces dernières années par la Révision Générale des Politiques Publiques[1] (RGPP) qui consistait à ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux, cela a touché de plein fouet l’Education Nationale : le gouvernement FILLON [2] a ainsi supprimé près de 150 000 postes sur la période 2007-2012. L'Education Nationale a ainsi perdu 52 000 agents entre 2007 et 2011.

 

S’appuyant sur les imperfections constatées dans la formation dispensée dans les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM), Luc CHATEL avait programmé leur disparition pure et simple. Les enseignants plus expérimentés ont ressenti une profonde dévalorisation, car le métier est apparu comme « réalisable par tout demandeur d’emploi titulaire d’une licence ». Les nouveaux enseignants, au lieu de réaliser 6h de cours par semaine avec des stages, devaient alors enseigner 18h et une partie a été rapidement conduite dans des situations de détresse psychologique. 

 

Un enseignant lâché sur le terrain sans conseils pratiques est rapidement confronté aux difficultés d’ordre disciplinaire, pour savoir comment « gérer » sa classe, et faire face aux imprévus liés au caractère de chacun de ses élèves, qui repèrent très vite un enseignant inexpérimenté, donc facile à déstabiliser. L’enseignant bardé de diplômes et féru de savoirs académiques n’est plus certain d’obtenir l’attention de son public, il doit s’adapter à des élèves dont les centres d’intérêts et les habitudes évoluent très vite. Il lui faut à la fois avoir le sens de l’humour, savoir prendre au second degré les remarques des élèves, pour apprendre à dédramatiser toutes les situations et éviter de se sentir la cible de leurs critiques. Les jeunes enseignants mériteraient des enseignements destinés à leur transmettre les « recettes de l’expérience » des professeurs expérimentés, pour apprendre dès leur premier cours à être respectés de leurs élèves, et donc écoutés, pour bien vivre leur métier. Le manque de professionnalisation, pour « tenir sa classe », conduit rapidement les enseignants dans toutes sortes de difficultés.

 



[1] http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/2012-m-058-01_bilan_rgpp.pdf

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonction_publique_française

 

 

Le principal outil du professeur, c'est sa voix, comme un comédien


Trop souvent, l’enseignant oublie que sa voix est un outil essentiel, qu’il faut apprendre à travailler régulièrement pour éviter que son mauvais usage devienne source de souffrance physique et psychique, en fonction de la tessiture de la voix de chacun. Les femmes possédant une voix aigüe sont souvent plus fatiguées en fin de journée que les hommes avec une voix grave. Savoir comme un comédien porter sa voix au fond de sa classe sans se fatiguer, apprendre à bien respirer pour évacuer un éventuel stress, savoir utiliser différentes intonations pour mieux retenir l’attention des élèves, en fuyant le débit monocorde, tout cela s’apprend.

 

Les cours de théâtre pour apprendre à utiliser sa voix ont rarement eu leur place dans toutes les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE). Les extinctions de voix à répétition peuvent occasionner des oedèmes sur les cordes vocales, voire des nodules vocaux[1] (qui font partie de la liste européenne des maladies professionnelles) qui sont source de grande souffrance, car le chef d’établissement, tant que l’enseignant n’est pas placé en congé maladie, n’a pas de solutions différentes d’occupation du temps de travail à proposer pour soulager l’enseignant.

 



[1] http://www.medecine-des-arts.com/Nodules-vocaux-chez-le-chanteur-et.html

 

Professeur est un métier où savoir établir une autorité sans autoritarisme est important, un vrai savoir-faire


Les bavardages s’accentuent au fil des semaines pour aboutir à des chahuts en classe quand l’enseignant est trop timoré pour demander à ses élèves de se taire, en se contentant de leur demander de « baisser le ton ». Pire, celui qui feint de n’avoir rien entendu en poursuivant, inébranlable, son cours, s’expose à une souffrance ordinaire [1] récurrente à court et moyen terme, facteur de déprime. Les élèves en profitent très vite, et n’ont aucune pitié pour les enseignants qui ne savent pas instaurer des règles précises. Les enseignants concernés par cette difficulté sont affectés par des insomnies, cauchemardent sur les élèves qui leur rendent la vie difficile, et vont au travail d’un jour à l’autre l’estomac noué, avec « une boule au ventre », « l’envie de vomir », et confient « prendre des somnifères pour tenir le coup ». Un enseignant fréquemment débordé par ses élèves perd rapidement toute confiance en lui et toute estime de lui, notamment dans ses compétences à pouvoir « renverser la situation tout seul ». Il est donc dépendant de la plus ou moins bonne compréhension de ses collègues enseignants et de l’attitude de sa hiérarchie, et donc très vulnérable psychologiquement. Un contexte tendu dans son couple – le cas échéant - , ou tout autre situation personnelle source de difficultés, viendra renforcer cette situation déstabilisante. L’indiscipline courante des élèves en classe mine de nombreux enseignants sur le moyen terme, les incitant à changer de voie, par résignation plus que par envie :

 

Djamila, 31 ans, 8 ans d’enseignement, professeur Certifiée de Lettres Classiques en collège, est déjà écoeurée de son métier, elle qui indiquait l’avoir choisi pour « l'envie de transmettre un savoir, d'aider les élèves à trouver à l'école les ressources nécessaires à leur formation individuelle » :

 

« Je ne supporte plus d'être sans cesse sur le qui-vive, de toujours rappeler les élèves à l'ordre (casquettes, chewing-gums, se tenir correctement, parler poliment), d'éduquer les enfants des autres en leur apprenant les bases du savoir-vivre, de voir que l'égalité des chances n'est qu'un leurre : les moyennes de français de mes élèves vont de 0,46 (si, si) à 19,5, et les meilleurs de mes élèves n'ont pas accès à l'enseignement qu'ils mériteraient d'avoir parce que je dois faire cours pour tout le monde, et essayer de faire progresser les élèves tangents, qui le plus souvent n'en ont aucune envie. Au final, je me sens complètement inutile : si face à moi, les élèves travaillent, rien n'est repris à la maison, ce qui a pour résultat que leurs écrits sont toujours autant criblés d'horreurs : ils ne maîtrisent pas leur propre langue, et s'en moquent totalement. Je suis écoeurée par ce métier et déjà épuisée. Je n'ai tout simplement plus l'envie d'enseigner, ou plutôt de batailler pour pouvoir enseigner. »

 

Gaëlle, 35 ans, 6 ans d’enseignement, Professeur des Ecoles, mariée à un cadre d’une grande entreprise, titulaire d’un Master 2 Professionnel en Communication, n’a plus de prise sur ses élèves en classe, et se sent de plus en plus incompétente :

 

« Je rencontre des difficultés organisationnelles en étant affectée sur 4 quarts de temps par l’Inspection Académique, qui reste sourde à mes demandes de temps partiel ou de mi-temps. Je rencontre depuis plusieurs années des difficultés de discipline dans une école avec des élèves en grande difficultés sociales et scolaires en CE1 et CE2 : insultes permanentes entre élèves, bagarres notamment dans la classe rendant presque impossible la conduite de classe. Ceci est le déclencheur de mon désir de reconversion, car je n’en peux plus, je vais à mon travail la boule au ventre, mes élèves me donnent envie de vomir. »

 

Noémie, 37 ans, enseigne depuis 7 ans comme professeur des écoles en ZEP, et se sent dévalorisée professionnellement, du fait des difficultés qu’elle rencontre. Elle ne manquait pourtant pas de qualifications qui lui auraient permis de s’épanouir autrement (Docteure en Management des Industries Alimentaires) :

« Je ne me sens plus à ma place dans une salle de classe. J’ai l’impression de ne pas être là où je devrais. De me mentir à moi-même et à mes élèves. Je vais travailler la boule au ventre depuis 2 ans déjà. J’exprime une certaine « gêne » à parler de mon travail lors d’une discussion avec  mes amis. J’aimerais trouver un emploi qui me corresponde mieux, dont je serais fière. Je crains d’avoir « perdu » toutes les compétences que j’avais développées durant mes études et ne plus savoir faire autre chose qu’enseigner. Je me sens actuellement complètement désemparée, comme si je m’étais laissée « avoir » par ce métier.»

 

Sophie, 39 ans, enseigne les Lettres Modernes en collège depuis 16 ans, a toujours enseigné dans des établissements non « classés », mais n’en a pas moins rencontré des difficultés :

« J'ai toujours enseigné avec une certaine anxiété, liée, entre autre, à la peur de ne pas tenir mes classes. Ces trois dernières années,  la discipline à maintenir au jour le jour, jusqu'à la fin de l'année m'a épuisée et m'a déstabilisée. J'ai eu l'impression d'avoir perdu en constance, en autorité. L'an dernier, la saturation est allée loin : écoeurement, nausées et angoisses avant les cours, avec beaucoup trop d'heures de préparation et état de tension extrême. Malgré mon état de tension très important et une fatigue nerveuse non négligeable l'an dernier, je n'ai jamais été en congé maladie. Cependant j’ai décidé de cesser ce métier qui me met à mal et j'ai perdu l'envie d'aller faire cours... »

 

Michelle, 45 ans, 16 ans d’enseignement comme professeur agrégée de Lettres Classiques elle aussi en collège, a le sentiment de jouer un rôle qui ne lui ressemble pas :

« Je veux fuir une situation que je ne supporte plus. Dès mes premières années d’enseignement, l’autorité a été un problème pour moi, et ce problème va empirant. Depuis quelque temps, j’ai vraiment pris conscience que je ne voulais pas me forcer à exercer cette autorité, que je ne veux pas jouer un personnage qui ne me correspond pas, bref que je ne veux pas jouer un rôle que je n’aime pas. Je me sens bien plus à l’aise dans une relation uniquement d’aide, de partage, d’écoute. »

 

Gérard, 54 ans, enseigne l’histoire-géographie en collège depuis 30 ans, et semble arrivé à saturation :

 

« Ce n’est pas le désordre ni le souk en cours, mais je ne supporte plus de devoir de plus en plus cadrer, menacer, sanctionner, répondre à l’insolence, à la mauvaise foi et aux incivilités. Je rame de plus en plus pour obtenir une relative concentration et le ramassage de travaux les plus simples et courts possibles et ce que j’arrivais bien à encaisser et contrôler, je le fais avec moins d’efficacité, énergie et conviction. Sensation d’enfermement, de routine aussi. Je risque de finir l’année avec pénibilité, car en difficultés pour raisons de santé et aussi par ras-le-bol et usure ou en tout cas j’envisage sérieusement de faire autre chose l’an prochain ou d’être à mi-temps pour pouvoir préparer une reconversion.»



[1] LANTHEAUME, F. & HELOU, C. (2008). La souffrance des enseignants. Une sociologie pragmatique du travail enseignant. Paris : PUF. Coll. Education & Société. (2008)

Les 5 premières années du métier sont les plus chargées. C'est là que les démissions sont les plus nombreuses


Cela constitue une difficulté non négligeable pour les jeunes enseignants, au moins dans les cinq premières années, le temps d’avoir réussi à disposer de préparations suffisantes pour couvrir tous les niveaux de classe qui sont susceptibles de leur être attribuées. Pour tous les autres enseignants, un changement de programme peut être déstabilisant, car c’est toute cette base de cours qui est à remanier, occasionnant un surcroît de travail. La conception des cours est source de stress, car liée à la personnalité des inspecteurs chargés de veiller à leur mise en œuvre. Certains sont directifs et très exigeants, avec des pratiques ressenties comme du harcèlement pédagogique, d’autres sont plus mesurés, en offrant aux enseignants de leur discipline des marges de liberté pour faciliter leurs démarches créatives.

 

Mireille, 37 ans, Professeure certifiée de SVT en collège depuis 13 ans, ressent cette pesanteur de devoir fréquemment renouveler ses cours, malgré l’expérience acquise :

« Plus les années passent, moins j’ai le goût, la patience, l’énergie pour enseigner. Gérer des classes me pèse de plus en plus, corriger des copies à la chaîne me pèse aussi de plus en plus. Je m’implique beaucoup dans la préparation des cours (modifications d’une année sur l’autre et diversification des supports pour tenter de motiver davantage d’élèves) mais j’ai l’impression croissante que c’est inutile. »

 

Jean-Paul, 40 ans, Professeur certifié de Sciences Physiques depuis 10 ans, se sent débordé par la préparation des cours, dont l’impact auprès des élèves varie selon leur humeur collective :

 

« Je n'arrive pas à gérer les frustrations du métier, qui m'épuisent nerveusement et retentissent sur ma vie personnelle. Je dors mal la veille de chaque journée de cours et n'arrive pas à "décrocher" et à me détendre une fois qu'elle est terminée, stressant déjà en pensant à la suivante, ou bien même à la prochaine rentrée quand je suis en vacances. Ce stress s'applique en premier lieu à la PREPARATION des cours, qui me "prend la tête" constamment, m'obsède mentalement à un point que vous ne pouvez imaginer. Je me rends malade du fait que ce ne sera jamais assez bien, que ce ne sera jamais parfait… En plus, en physique chimie, il faut aussi penser au matériel à sortir, est-ce que je n'ai rien oublié, etc. »

Le pari du nouveau professeur est la première année de forger sa réputation


Asseoir sa réputation auprès des élèves, de leurs parents, et du chef d’établissement, est très important, dès la première année dans un nouvel établissement, pour tout enseignant.

Dans les établissements où les élèves sont en grande difficulté, ou très agités, les parents se désinvestissent, tandis que dans les établissements de bonne réputation et donc de bon niveau, la pression des parents s’accentue, et les enseignants la vivent très mal. Cette contrainte de devoir s’affirmer pour être apprécié dans leur affectation conduit de nombreux enseignants, une fois leur région d’origine rejointe par le biais des mutations, à se stabiliser dans un établissement. Certains, dès leur premier poste obtenu, n’en bougent plus, et plusieurs décennies plus tard, ont dans leurs classes les enfants de leurs anciens élèves, qui peuvent alors soit les déconsidérer dès le départ si leur réputation n’est pas bonne, s’ils n’ont jamais varié dans leurs méthodes d’enseignement, soit les respecter, s’ils se sont renouvelés et affirmés chaque année comme des enseignants dynamiques. La réputation de l’enseignant commence à se forger dès le premier jour, et c’est à la rentrée de l’année scolaire suivante que l’enseignant sait de quelle manière il est désormais perçu par ses élèves. Ceux qui n’y ont pas réussi n’ont plus que deux choix : demander une nouvelle mutation,  ou tenter de redresser la barre, souvent au détriment de leur santé.

Un enseignant chahuté par ses élèves a mauvaise réputation auprès des parents d’élèves, ce qui lui attire des remarques en général désagréables de son chef d’établissement, dont le métier n’est pas d’être l’accompagnant des difficultés de chacun, car trop débordé par de multiples taches. Cette spirale de difficultés peut rapidement conduire un enseignant en congé maladie, pour « déprimes à répétition », évoluant plus ou moins rapidement vers une vraie dépression. Des enseignants se laissent piéger par ce mécanisme d’enfermement dans une souffrance physique ponctuelle, qui devient quotidienne. Ils ont honte d’eux, et leur entourage professionnel devient culpabilisant. Il leur devient difficile de demander une aide extérieure, car ils se sentent alors vulnérables, avec un sentiment d’incompétence.

 

Aline, 30 ans, enseigne l’espagnol en collège depuis 7 ans :

« Je me rends compte que je travaille dans un système qui ne me convient pas. Si certains élèves et parents sont reconnaissants a posteriori j'ai souvent l'impression que mon investissement n'est  jamais reconnu ni suffisant. Les enfants sont des clients rois avec lesquels la relation est compliquée et de plus en plus violente même si cette violence n'est pas dirigée contre moi. Idem avec les parents.  J'ai eu trente ans cette année et la sensation que ce mal-être devait cesser, que je pouvais me sentir mieux en faisant autre chose avant de finir comme bien des collègues, qui subissent leur métier d’année en année, avec la peur au ventre de pouvoir en changer un jour : ils sont tous résignés, incompétents, désinvestis, aigris. Je n’ai vraiment pas envie de devenir comme eux… »

 

Sadok, 30 ans, enseigne les Lettres Modernes depuis 4 ans. Son haut niveau de qualification, en comparaison des conditions de travail qui lui sont imposées, expliquent aisément sa volonté de quitter l’enseignement :

« Après avoir obtenu mon doctorat, j'ai passé et obtenu le capes. J'ai été nommé TZR en région parisienne, les conditions de travail ne me conviennent absolument pas (violence, absence de perspective de carrière et d'épanouissement intellectuel). Je souhaite travailler avec des adultes (j'avais déjà enseigné à l'étranger, mais à l'université). Je suis très attiré par les métiers du livre (petite expérience de travail en bibliothèque universitaire) et surtout par tout travail ayant un lien avec la rédaction ou la culture. »

 

Marie-Claire, 40 ans, enseigne les Mathématiques en Lycée depuis 15 ans, et évoque clairement la pénibilité de ce métier sur le moyen terme, au  contact d’élèves de plus en plus volatils dans leur comportement, et de parents de plus en plus exigeants :

« J'ai pris conscience que je ne pourrais pas « durer » très longtemps encore dans les conditions d'enseignement actuelles, et avec la manière dont j'exerce ce métier. Je me sens de plus en plus épuisée, par la charge de travail à la maison, par l'énergie déployée en classe pour faire travailler des élèves de plus en plus passifs, et consommateurs, avec des parents de plus en plus critiques, qui nous prennent pour des boucs-émissaires, en nous reprochant de reproduire, sans doute, les failles de leur éducation. Je réagis de plus en plus impulsivement aux incivilités, aux manques de respect, hélas de plus en plus nombreux. Quand tout va bien, j'ai de plus en plus la sensation d'être vampirisée par une horde d'élèves individualistes, posant 10 fois les mêmes questions sans écouter les réponses, puisqu'ils reposeront la même question un peu plus tard...et d'être en contact avec 150 individus réclamant mon attention dans une même journée m'apparaît aujourd'hui comme un cauchemar...Effectivement, je veux fuir cette situation que je ne crois pas pouvoir supporter très longtemps encore ... »

 

Serge, 45 ans, est instituteur et directeur d’école depuis 24 ans, et évoque « un cercle infernal, qui n’en finit jamais » :

 

« Je suis actuellement instituteur et directeur d'une école élémentaire de trois classes. J'ai d'ailleurs passé la majorité de ma carrière avec des fonctions de direction. Depuis plusieurs années, j'envisage de changer de métier car je n'ai plus de motivation et supporte de moins en moins la pression, les menaces des parents d'élèves et des supérieurs. Rien n’est jamais acquis de ce côté-là, malgré ma stabilité dans l’école où je travaille. C’est comme un cercle infernal qui n’en finit jamais. Ayant encore subi des menaces de parents d'élèves cette semaine, je suis parfois prêt à tout larguer! La seule chose qui me retient étant ma famille et mes trois enfants. Je pense qu'il est temps que je quitte ce métier d'enseignant qui me détruit de plus en plus vite. »