Le métier de professeur n'est pas celui exercé il y a 20 ans. C'est une accumulation de tâches toujours plus complexes.


NOS ANCIENS ADHERENTS ONT TOUS ENSEIGNE, ET PEUVENT VOUS AIDER SELON LEUR NOUVELLE PROFESSION: COACH, PSYCHOTHERAPEUTE, SOPHROLOGUE, etc.


Socle de compétences, cahier de texte électronique, PPRE [1], soutien scolaire personnalisé, etc. : toutes les taches que crée l’administration s’imposent aux professeurs d’une manière uniforme, sans tenir compte du fait que la charge de travail est différente selon les disciplines, et du contexte d’enseignement différent d’un établissement à l’autre.

 

Toute cette organisation descendante conduit l’enseignant à perdre confiance dans l’Institution, mais aussi en lui-même, lorsqu’il n’arrive pas à faire face, à suivre le mouvement, qu’il ressent comme un énième facteur de dégradation de ses conditions de travail. Dans de nombreux cas, les enseignants travaillent bien plus que le régime des « 35 heures » dont bénéficient les autres agents publics, car les leur sont concentrées sur 36 semaines dans l’année.

 

En juillet 2013, la Direction de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance[2] (DEPP) indique que les enseignants du 1er degré public déclarent travailler 44 heures par semaine en moyenne, avec une surcharge pour les nouveaux enseignants : « Les plus jeunes enseignants déclarent un volume horaire moyen de 52 heures par semaine, soit 10 heures de plus que les autres enseignants. La différence intervient principalement sur les activités pédagogiques : 7 heures de plus en préparation, 1 heure en correction et 2 heures en documentation. Ce surinvestissement se fait, dans une certaine mesure, au détriment des activités avec la communauté éducative et des autres activités (2 heures de moins) ». Les enseignants du 2nd degré public, eux, déclarent travailler plus de 40 heures par semaine en moyenne[1], avec des différences : « Le temps de travail des enseignants varie selon leur corps d'appartenance : les professeurs certifiés déclarent 43 heures de travail hebdomadaire, les professeurs agrégés et les professeurs de lycée professionnel 39 heures, les professeurs d’éducation physique et sportive 37 heures 30. Il varie très peu en fonction de la discipline d’enseignement. (…) Les plus jeunes enseignants déclarent travailler plus de 45 heures par semaine ; cet investissement important en début de carrière marque le coût d’entrée dans le métier. Entre 30 et 40 ans, le temps de travail des enseignants tend à diminuer, surtout chez les femmes, accompagnant la présence de jeunes enfants dans leur ménage. Il croît à nouveau chez les professeurs les plus chevronnés, qui exercent plus souvent en lycée et dans des classes à examen. »

Le sentiment d’être débordé provient surtout des femmes, majoritaires dans l’enseignement. Le fait de devoir se faire obéir en classe est mal vécu par celles qui, à la maison aussi, ont du mal à se faire obéir de leurs enfants. Elles se sentent en situation de double échec, ce qui affecte profondément leur estime d’elles mêmes :

 

Marie-Noëlle, 25 ans, vient d’être titularisée certifiée d’Anglais et exerce en TZR : elle se sent submergée par la quantité de travail à fournir :

« J'ai effectué mon année de stage (2011-2012) au collège X et j'ai été mutée cette année au collège Y en tant que TZR.

A l'heure actuelle, je suis en arrêt maladie car je n'arrive plus à faire face aux élèves (à l'agressivité de certains) et je me sens submergée par la quantité de travail à fournir. Je pense à prendre une disponibilité pour avoir le temps de réfléchir à une éventuelle reconversion. »

 

Alice, 37 ans, agrégée d’histoire depuis 6 ans, se sent constamment épuisée :

« Si je souhaite une réorientation professionnelle, c’est que j’ai le sentiment d’avoir fait le tour du métier d’enseignant. J’aime transmettre des connaissances et j’apprécie le contact avec les jeunes. Mais entre la charge de travail considérable, particulièrement concentrée sur certaines périodes et la fatigue nerveuse que me crée la gestion des groupes d’adolescents, je me sens constamment épuisée. Je pense que l’énergie que j’investis à essayer de bien faire n’est pas toujours très bien employée. Je me lasse également des réformes et des changements de programmes. Le caractère répétitif et cyclique de cette activité me pèse également. J’ai l’impression que je ne suis pas à ma place devant une classe, et qu’ailleurs je serais plus épanouie et plus efficace. »

 

Coralie, 39 ans, est professeur des écoles depuis 16 ans et « recraque » pour la seconde fois :

« J'enseigne depuis 16 ans dans une école primaire. Je recraque. Je pense à démissionner mais je ne sais pas quel autre métier faire. J'ai déjà fait un bilan de compétences mais qui n'a pas été très concluant. Je suis à bout, écrasée par la charge de travail, je ne veux plus faire la discipline, je ne supporte plus le bruit, je n'ai plus de patience. Je ne veux plus aller à l'école!!!! Je ne sais pas où trouver de l'aide, et je commence aussi à me sentir en difficulté avec mes propres enfants, qui ressentent mon exaspération quotidienne, car je suis beaucoup moins patiente avec eux depuis quelques temps. Si vous avez une piste autre que la clinique et les antidépresseurs, je prends ! »

 

Béatrice, 41 ans, enseigne à plein temps les Lettres Modernes depuis 3 ans, après un parcours dans le privé, et se sent déjà au bout du rouleau :

« Devenue enseignante à 38 ans, après un parcours caractérisé par l'échec scolaire, je me rends à l'évidence : malgré de multiples activités et projets, un investissement certain, je suis épuisée par ces incessantes copies à corriger, ces petites croix du socle de compétences à noter et ces sanctions à donner, ces bavardages, ces phrases rédigées dans une langue qui ne ressemble que de loin au français. Toujours plus de droits pour les élèves, pas le droit d'aller prendre un carnet de correspondance dans un sac quand l'élève refuse de le donner, pas le droit de hausser le ton, pas le droit d'exclure, pas le droit d'être malade... Marre! Epuisée. Vidée. »

 

Paule, 49 ans, est institutrice depuis 30 ans à plein temps, et « en a assez » :

« Depuis trois ans, j’éprouve une réelle lassitude, un manque de motivation certain, un ennui manifeste, mon métier n’est devenu qu’une tâche répétitive et sans intérêt.

J’ai perdu le moteur, l’élément déclencheur qui me permettait de prendre du plaisir, je n’ai plus envie de monter des projets, plus envie de m’investir.

Les causes viennent peut-être d’une trop grande stabilité (cela fait plus de dix ans que je suis dans la même école) mais surtout du délitement de l’esprit pédagogique de l’école de la république :

-          d’une part, une hiérarchie pesante et tatillonne qui oblige à des évaluations permanentes, des étiquetages, des personnalisations, des tonnes de paperasses, de comptes-rendus, et des réunions pour ne rien dire,

d’autre part, des parents consommateurs qui considèrent l’éducation nationale comme un supermarché dont ils seraient clients et auraient droit comme tels (eux et leurs enfants), à des remises, des services après vente, des crédits personnalisés. J’en ai assez de prendre de plein fouet la contradiction de la société actuelle : d’un côté des technocrates déconnectés de la réalité, qui décident de rentabiliser un service public en diminuant les moyens tout en augmentant la tâche des enseignants par des bilans-paperasses qui fonctionnent comme un leurre, de l’autre des parents angoissés qui exigent une attention individuelle pour leur rejeton qui, lui, manque singulièrement de repères pour ses apprentissages. J’en ai assez de jouer à l’assistante sociale pour intégrer des enfants dans une société que je ne cautionne pas. »

 


[1] Temps de travail des enseignants du second degré public : pour une heure de cours, une heure de travail en dehors ; Note d'information - DEPP - N° 13.13 - juillet 2013 (http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/46/4/DEPP_NI_2013_13_temps_travail_enseignants_second_degre_public_2010_260464.pdf)



[1] Programmes Personnalisés de Réussite Educative (http://eduscol.education.fr/cid50680/les-programmes-personnalises-de-reussite-educative-ppre.html)

[2] Le temps de travail des enseignants du premier degré public en 2010 ; Note d'information - DEPP - N° 13.12 - juillet 2013 (http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/46/0/DEPP_NI_2013_12_temps_travail_enseignants_premier_degre_public_2010_260460.pdf)

 

 

La surcharge de travail est fréquente et occasionne du stress, source de nombreux problèmes de santé.


Emeline, 31 ans, est Professeur des Écoles depuis 7 ans : avec 4 enfants, son métier est devenu source de stress :

 

« Enseignante depuis 7 ans, jeune maman de bientôt quatre enfants, je cherche à sortir de l'enseignement. C'est en effet un métier que je n'ai pas réellement choisi et qui devient pour moi un fardeau. Le stress et la fatigue physique de la journée, accumulés aux heures passées à la maison entre corrections et préparations ne me laissent aucun répit et ne me permettent pas de vivre sereinement. Je n'ai malheureusement aucune "passion" qui m'aiderait à trouver mon chemin. Je me renseigne sur des postes plus administratifs, sachant une fois de plus que ce choix se fait un peu par défaut. »

 

 

 

Marion, 32 ans, Professeur des Écoles depuis (…) ans, constate que son métier ne lui permet pas de vivre sa vie de mère au foyer sereinement, comme elle l’imaginait pourtant :

 

 

« J'ai réussi le concours de professeur des écoles il y a (…) ans et j’ai intégré l'IUFM pour l'année scolaire, année que j'ai dû prolonger pour cause de grossesse et donc report de scolarité. Mes stages se sont tous très bien déroulés, malgré un grand stress et une bonne dose d'appréhension, émotionnellement pour moi à la limite du supportable. J'ai écouté mon entourage et mis ça sur le compte du "stress du débutant". J'ai donc concrètement été en poste l’année d’après comme remplaçante. Cette situation n'a fait qu'augmenter mon stress et même ma "détresse", puisque le fait de ne jamais savoir où j'allais atterrir m'angoissait énormément. Mon mal-être est devenu physique: mononucléose infectieuse, crise d'urticaire géante, etc.

 

J'ai tout de même poursuivi, en essayant de m'accrocher. J'ai obtenu à nouveau un poste de remplaçante pour l'année scolaire qui a suivi (mon barème ne me permettant pas d'avoir mieux). Et la même angoisse grandissante, cette sensation que jamais le cauchemar n'allait s'arrêter. Durant ces deux années, j'ai été confronté à des postes très différents mais aussi très anxiogènes: triple niveau (GS-CP-CE1) avec charge "allégée" de direction, sans formation, complément de 2 mi-temps (CE2-CM1 et GS-CP), aide aux collègues débutants "débordés" notamment en maternelle avec des effectifs à 30. Pour l'année suivante, j'ai obtenu un poste cumulant 2 décharges de direction (Moyenne Section et CM1-CM2) et un complément de mi-temps (Petite Section). Puis ma deuxième grossesse est arrivée comme pour me sauver et rapidement j'ai été placée en arrêt maladie en raison de complications liées au stress. Ce temps de "pause" m'a permis de poser les choses à plat et m'a donné envie de sortir de cette spirale infernale. Je ne me sens pas capable d'assumer une vie professionnelle dans ces conditions, j'ai donc commencé à envisager la possibilité de faire autre chose. Depuis plusieurs années maintenant, je travaille à mi-temps. Depuis ce moment-là aussi, j'ai essayé de voir ce que je pourrais faire d'autre. Je me suis sentie extrêmement seule, incomprise aussi bien par mon entourage que par les collègues, démunie car ne sachant pas quoi ni ou chercher. »

 

Alida, 32 ans, est Professeur certifiée de Mathématiques depuis 9 ans :

 

« Je suis actuellement professeur de mathématiques dans un collège privé. J’enseigne sur trois niveaux au collège. Je souhaite quitter l’enseignement car je n’ai plus de plaisir à enseigner. Je n’ai ni l’envie ni l’entrain de mon début de carrière. Désormais je fais les choses uniquement par obligation. Je ne suis plus motivée et cela se ressent dans mes cours. Je ne suis plus à la hauteur face aux élèves. En fait, je me sens débordée, depuis que j’ai mes quatre enfants, et tous ont moins de 6 ans.

 

J’ai du mal à tout concilier : travail et vie de famille. Je ne vous cache pas que c’est beaucoup de travail. Lorsque je rentre du travail, je dois m’occuper d’eux car mon mari rentre tard le soir et même en m’occupant d’eux, je pense toujours à mon travail et à ma journée du lendemain. Je suis avec eux mais sans vraiment y être. Malgré 9 ans d’expérience, si on veut bien faire ses cours il faut y passer beaucoup de temps : chaque soir pour préparer la journée du lendemain ou pour corriger des copies (pas avant 21h et jusqu’à tard le soir), chaque week-end pour prévoir sa semaine mais aussi durant les vacances. Du coup mes enfants sont tout le temps en garde.

 

Après avoir oublié les choses essentielles de la vie (famille, amis …), j’ai redéfini mes priorités et donc décidé que lorsque je rentrerais du travail et bien je ne voulais plus y penser et consacrer mon temps libre à ma famille.

Cela fait plusieurs mois que j’y pense et j’ai donc décidé de me reconvertir pour le bien de ma famille et aussi pour mon bien-être car je n’apprécie plus du tout ce que je fais. Je pense réellement que je me suis trompée de voie. 

 

Je suis vraiment très motivée et prête à refaire des formations. Je suis prête aussi à avoir moins de vacances et à gagner moins cher. Ce qui est sûr, c’est que je tiens à changer de travail assez rapidement. »

 

Bernard, 32 ans, Professeur des Écoles remplaçant depuis (…) ans, évoque de multiples facteurs qui ont pu contribuer à déstabiliser son couple :

 

« Travail interminable, usure lente et insidieuse personnelle, j'anticipe mon départ dès à présent avant de devenir un vieil instit râleur, aigri qui ne supporte plus les enfants. J'adore le monde enfantin mais après (…) ans, la lassitude me guette et j'ai envie de vivre d'autres excitations professionnelles. J'ai connu des difficultés récurrentes en termes de reconnaissance de mes supérieurs car je ne répondais pas aux attentes institutionnelles en termes de documents à présenter (préparations, cahier journal, évaluations). Ma motivation n'était pas non plus débordante, mon inorganisation latente et j'avoue qu'il est difficile pour moi de me mobiliser dans mon travail personnel à la maison après une journée de classe. Tout cet engrenage est sans doute lié à la fin de mon couple il y a deux ans, avec deux enfants, évènement qui m’a fait partir en roue libre avec une dépression. »

 

Suzanne, 36 ans, enseigne les Lettres Modernes depuis 12 ans, en sacrifiant sa carrière pour celle de son conjoint :

 

« Je suis professeur de Lettres Modernes depuis plus de 12 ans. Du fait des mutations de mon mari, j'ai été amenée à le suivre dans différents postes à travers la France. Nous souhaitons nous "poser" dans le Sud maintenant. J'ai été mutée en septembre dans un établissement classé ZEP. Je suis mère de 3 enfants. Je me sens coincée dans mon métier pour différentes raisons : évolution de la profession, mutation en ZEP décevante pour moi... Et je m'interroge de plus en plus sur la suite à donner à ma carrière professionnelle. »

 

Marie-Cécile, 38 ans, est certifiée de Lettres-Modernes à temps partiel depuis 13 ans, et exprime sa souffrance de mère débordée par un métier devenu anxiogène :

 

« Je n’imagine pas être en classe jusqu’à l’âge de 67 ans et je pense qu’il vaut mieux ne pas se reconvertir trop tard…J’avoue aussi que je trouve la relation aux élèves stimulante mais fatigante, il faut être extrêmement patient, ce que je suis. Mais comme je suis aujourd’hui mère de trois enfants en bas-âge qui demandent eux-aussi beaucoup de patience, j’ai l’impression de toujours devoir prendre sur moi et que par périodes, c’est ma santé qui est en jeu.

Je suis aussi un peu lasse de la perméabilité entre la vie professionnelle et la vie personnelle : certes, je récupère mes enfants à la sortie de l’école tous les soirs ou presque, mais je suis à mon bureau, tous les soirs aussi, jusqu’à 23 heures au moins, pour assurer la préparation des cours une fois qu’ils sont couchés.

 

J’ai un peu l’impression de ne pas avoir de perspective de carrière, ni d’évolution et je trouve que les professeurs sont bien mal payés pour le travail qu’ils fournissent. Je trouve aussi que l’éducation nationale fonctionne un peu en vase clos et j’ai envie d’aller voir ailleurs. »

 

Muriel, 41 ans, enseigne l’Anglais à temps partiel en collège depuis 10 ans, et se sent débordée dans son quotidien personnel au fil des réformes :

 

« Je rencontre de plus en plus de difficultés à m'imposer dans les classes au bout de dix ans, je me rends compte aussi que je peux être très désagréable avec certains élèves, ce qui n'est pas l'objectif de l'enseignement, que cela me mine intérieurement et perturbe ma vie familiale ; je reviens d'un congé de maternité et je me sens débordée malgré mon mi-temps par mes activités pédagogiques, administratives et par les nouvelles réformes avec le B2I. J'ai l'impression d'être un extra-terrestre. »

 

Juliana, (…) ans, enseigne depuis (…) ans à plein temps :

 

« Je suis dans une impasse car la seule certitude que j'ai, c'est que mon métier est en train de me rendre réellement malade. J'adore échanger, transmettre, partager, mais je peux de moins en moins le faire avec des élèves de moins en moins volontaires, le tout en à peine une heure et en collège Eclair.

Depuis mon diplôme, je n'ai fait que des lycées professionnels classés ZUS et sur 2 lycées chaque année à plus de 80 km de chez moi. À ce rythme là, ma thyroïde a flanchée = 6 mois de congés longue maladie. Reprise à mi-temps thérapeutique, et l'année d'après j'ai eu (enfin) un poste près de chez moi, en collège difficile. Je me suis toujours donnée à 100%, et je ne sais pas faire autrement. L’an passé, je me suis fait opérer de la thyroïde pour l'enlever totalement, et pendant ma convalescence (durant les grandes vacances) mon père a déclenché une maladie incurable. Comme je suis fille unique, je l’ai soutenu comme j'ai pu à chaque période de vacances et mon père est mort après 9 mois de lutte. Ma mère a eu à son tour un cancer et je la soutiens elle aussi. Moi, j'ai réagi en subissant d'abord une sciatique pour finir par une opération de hernie discale (avec 6 mois d'arrêt de travail). Ensuite, la rentrée en septembre s'est relativement bien passée, même si j'étais un peu déphasée. J'ai tenu 3 semaines et j'ai fait un Burn Out ! De nouveau en congé longue maladie pour 6 mois, pas plus, car j'avais administrativement épuisé mon année de congé pour Dépression ! J'ai repris l’année d’après en septembre avec des crises d'angoisses comme jamais je n'avais eues uniquement à l'idée que je devais sûrement me faire inspecter (aucune en 10 ans !) et que je voulais être au mieux. J'ai réussi à me calmer un peu, mais j'ai perdu presque 8 kilos sans rien faire (selon moi à cause du stress lié à mon métier que je supporte de moins en moins) Je suis de nouveau sous antidépresseurs et j'en ai marre.

 

Je n'ai aucune idée de ce que je souhaite et ce n'est pas faute d'y réfléchir depuis ces dernières années. Je voudrais juste moins de stress, de combat au quotidien et un peu plus de reconnaissance.

Je suis perdue et complètement paniquée à l'idée de changer de carrière, et pourtant, je ne me vois pas terminer ma vie à enseigner à l'éducation nationale...»

 

Anne, 46 ans, institutrice reconvertie comme enseignante certifiée en EPS, enseigne depuis 22 ans. Avoir privilégié la carrière de son conjoint muté lui pèse psychologiquement :

 

 

« Suite à une mutation de mon conjoint (salarié dans le privé) il y a dix ans, je n'ai pu retrouver une stabilité de poste dans la nouvelle académie. Perte de confiance, arrêt de travail, disponibilité mais sans contact au niveau relations humaines. Ma reprise semble impossible dans des conditions géographiques acceptables pour moi. Le dispositif de seconde carrière semble avancer en théorie mais l'isolement et la difficulté de rencontrer un référent EN (plusieurs mois d’attente dans mon académie) sont décourageants. »