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AIDE AUX PROFS cesse d'accompagner les Ruptures Conventionnelles


AIDE AUX PROFS a accompagné environ 200 IDV de 2009 à 2020 et ce dispositif était positif. Créé sous Nicolas SARKOZY qui l'avait doté d'un solide budget, les IDV accordées de 2009 à 2012 permettaient d'accorder 32.000,00 € à un professeur qui avait 10 ans d'ancienneté, jusqu'à 80.000,00 € pour un agrégé qui avait 30 ans d'ancienneté.

 

Ce fut l'âge d'or de l'IDV pour les professeurs qui en ont bénéficié !

 

Sous François HOLLANDE, l'IDV a été progressivement réduite, quasiment massacrée, avec une réduction de 50 à 70% des montants accordés, sous les Ministres Vincent PEILLON et Najat VALLAUD-BELKACEM qui l'ont fortement réduite.

 

Avec le quinquennat d'Emmanuel MACRON, la loi DUSSOPT publiée le 6 août 2019 avait prévu dans son article 72 de remplacer l'IDV par un dispositif qui en premier lieu a paru plus attractif, pour équilibrer avec ce dont bénéficient les salariés du privé: l'Indemnité pour Rupture Conventionnelle.

 

Un moyen subtil et habile pour le Gouvernement de réduire les statistiques de démissions des professeurs, laissant croire qu'ils sont tous heureux là où ils sont et qu'ils ne souhaitent plus partir.

 

Passée l'année 2019-2020 d'expérimentation de l'IRC par des académies qui ont disposé d'un maigre budget, puisque 24% seulement des demandes ont été acceptées,  l'administration en 2021 est rattrapée par son fonctionnement habituel, malgré des "feuilles de route" très alléchantes qui parlent de "révolution RH", de 'bienveillance" envers les personnels.

 

En réalité, l'année 2020-2021 permet de constater que l'IRC est un dispositif dont le budget a fondu comme neige au soleil, l'explication provient certainement des dépenses colossales imprévues de l'Etat durant la crise sanitaire, qui a de facto rendu caduc le projet de faire partir des fonctionnaires, puisque c'était l'un des objectifs de la loi DUSSOPT pour réduire leur nombre.

 

Le processus de demande d'IRC s'est allongé, la réponse des commissions s'est durcie, et le recours gracieux est devenu impossible, remplacé désormais par un recours obligatoire, si souhaité, devant le Tribunal Administratif.

 

Lorsque l'on sait la durée d'une procédure devant le T.A et ce que cela coûte avec un avocat en droit public, et le peu de chances de réussites des professeurs contre leur employeur, on devine bien entendu que tout cela est fait pour décourager le plus possible les professeurs de demander l'IRC.

 

C'est, encore une fois, un miroir aux alouettes, une véritable entourloupe de ce Gouvernement qui a supprimé un beau dispositif, l'Indemnité de Départ Volontaire, qui a été très généreux et respectueux de l'investissement des professeurs au cours de leur carrière au service de leurs élèves, pour le remplacer par une peau de chagrin peu respectueuse des professeurs, puisque le montant plancher est systématiquement appliqué, avec un calcul basé sur chacune des tranches des décrets du 31.12.2019, alors qu'aucun des deux décrets ne spécifie que ce mode de calcul doit être privilégié. 

 

Lorsque le professeur envoie sa demande, la réponse de son service RH est très diverse. Les meilleurs sont réactifs avec une proposition d'entretien en moins de 10 jours, et le plus mauvais réagissent bien après le mois prévu au décret.

 

Les entretiens se déroulent très bien en général, avec 2 à 4 personnes, mais nous notons que lorsqu'un IEN y est présent, il manque souvent de temps, arrive en retard voire oublie l'entretien, souvent sans s'en excuser, c'est ce que nous ont rapporté la majorité de nos adhérents. Lorsqu'il y a 4 personnes, c'est l'équivalent d'un tribunal de hauts fonctionnaires qui se permettent de juger le projet, de l'évaluer, alors que la loi DUSSOPT n'a nullement prévu que ce projet de l'agent puisse être autant discuté.

 

Après l'entretien, certaines académies réalisent des comptes-rendus en général neutres et positifs, mais nous avons eu des adhérents très déçus de l'attitude très négative d'un SG ou de chefs de division visiblement opposés à leur projet et surtout à l'idée de devoir leur trouver un(e) remplaçant(e).

 

Une preuve que ceux qui animent l'administration ont conservé leurs vieux réflexes sous le vernis de la "GRH de proximité". Le naturel revient vite au galop.

 

Les IRC accordées sont systématiquement au "montant plancher" et nous sommes désolés de voir que la "priorité" est donnée aux montants qui ne dépassent pas les 10.000,00 € pour 15 ans d'ancienneté (3 fois moins qu'en 2009 avec l'IDV !), pour des jeunes profs qui se priveront pendant 6 ans de retravailler dans n'importe quel emploi de la Fonction Publique de l'Etat, un trop grand risque de notre point de vue pour eux avec leur Master 2 MEEF qui leur permettrait de tenter des concours bien plus intéressants de catégories A ou B.

 

Les IRC qui dépassent les 10.000,00 € sont très rares, alors que les IDV qui dépassaient les 25.000,00 € entre 2009 et 2020 ont été fréquentes. C'est donc un désinvestissement de l'Education nationale toute entière auquel nous assistons avec ce miroir aux alouettes que constitue l'IRC, véritable 110 mètres haies, avec des portes qui se ferment in fine malgré la bienveillance affichée et l'amabilité de nombreux acteurs qui contribuent à cette mascarade.

 

Si le Gouvernement, qui tente coûte que coûte de réduire les avantages des professeurs en voulant faire voter sa réforme des retraites à points, très préjudiciable aux professeurs qui ont les primes les plus faibles de toutes les catégories A des trois fonctions publiques, avait un respect des professeurs, il n'agirait pas ainsi, en acceptant à peine plus d'un quart de leurs demandes, tout en leur adressant un courrier assez cynique lors du refus de leur demande "...votre demande n'a pas été retenue comme prioritaire, mais vous pourrez recontacter votre conseiller RH de proximité (ou votre CMC) pour être accompagné dans votre évolution professionnelle..."

 

Ce genre de courrier apporte la preuve que l'Education nationale empêche plus qu'elle ne facilite les secondes carrières des professeurs, pourtant promises par l'article 77 de la loi portant réforme des retraites de 2003 qui avait allongé les carrières des fonctionnaires et salariés du privé de 4,5 ans.

 

Nous craignons maintenant qu'une fois la réforme des retraites "à points" souhaitée par le Gouvernement en 2021, la GRH de proximité voit ensuite fondre ses effectifs (75% recrutés en "heures supplémentaires"), et que ce magnifique dispositif RH ait juste servi de vitrine et de prétexte à séduire les partenaires sociaux pour emporter leur vote positif pour un système de retraites à points où les professeurs ont tout à perdre.

 

Etant donné que les IRC accordent des sommes dramatiquement faibles en regard de la sécurité actuelle qu'offre le statut de fonctionnaire, nous proposerons d'autres formes d'évolution professionnelle plus sécurisées hors enseignement, via nos options FLEXIPROF et APRESPROF aux professeurs qui nous contactent, en leur évitant l'erreur de céder à cette sirène de l'IRC qui ne tient pas du tout ses promesses.

 

AIDE AUX PROFS cesse à compter du 1er septembre 2021 l'accompagnement des Indemnités de Rupture Conventionnelle des professeurs, et vous renvoie vers cette rubrique que nous avons constituée pour vous faire part de nos conseils d'expérience de 38 IRC accompagnées ces deux dernières années, avec à chaque fois le sentiment de devoir arracher une molaire à l'Education nationale, tellement la lutte par courriers et par de multiples recours vers le Ministre et l'Elysée, a été âpre et lente.

 

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Commentaires: 5
  • #1

    Juliette R. (dimanche, 27 juin 2021 21:47)

    Bravo Aide aux Profs pour le courage dont vous faites preuve dans ce renoncement et merci pour tout l'investissement qui a été le vôtre depuis 15 ans pour aider des professeurs comme moi à quitter leur métier. Je suis partie au moment de l'IDV et j'en suis heureuse mais c'est vrai que les premières années ont été difficiles, et que vous faites bien de conseiller de bien réfléchir avant de quitter un métier garanti à vie avec un salaire qui n'est peut-être pas énorme, mais qui est plus important et régulier que ce que gagne un autoentrepreneur dans les 5 premières années de son activité, au moins.

    Donc c'est bien que vous ayez pris conscience que l'IDV ou l'IRC n'est pas toujours avantageux. Mieux vaut laisser en effet chaque professeur décider par lui-même, et se débrouiller tout seul, pour qu'il se confronte à la difficulté de convaincre l'administration, qui éprouvera ainsi sa motivation, sa détermination, et le confortera ou non dans son projet, alors qu'aider une personne à démissionner peut lui donner le sentiment de la facilité, et que tout se passera bien.

  • #2

    Julie Sénéchal (lundi, 28 juin 2021 18:11)

    J’ai reçu mon refus de RC aujourd’hui. 19 ans d’ancienneté et pour l’EN je ne vaux même pas les 16 000 euros d’indemnité plancher, je ne suis que rage et colère contre cette institution pour qui j’ai tant donné et qui une fois de plus me méprise...

  • #3

    Aide aux Profs (mercredi, 30 juin 2021 00:02)

    Bonjour Julie
    Merci de ce témoignage courageux. Hélas, l'IRC n'est pas ce que pensaient tous les professeurs qui ont vu l'IDV être supprimée. Autant l'article 72 de la loi DUSSOPT avait laissé penser que c'était la continuité, autant l'Education nationale en a fait une autre interprétation, et il reste à attendre le prochain quinquennat pour savoir ce que deviendra ce décret, difficilement applicable avec la procédure trop verrouillée mise en place dans chacune des académies, conçue plus pour décourager les projets de départ que pour prouver la bienveillance du nouveau système de GRH de proximité, c'est une évolution qui nous inquiète, entre la communication qui en est faite, et la réalité, pour l'instant, sur le terrain.
    Cordialement.

  • #4

    Françoise (jeudi, 08 juillet 2021 22:45)

    Bonjour,
    Excellente analyse.

    Refus RC pb budgétaire et
    "accompagné déjà significativement votre parcours avec l'accès à la classe exceptionnelle et autre parcours de formation"

    Pas de commentaire.
    Un simulacre de RH.

    Cordialement

  • #5

    Sabine (samedi, 10 juillet 2021 11:44)

    Bonjour
    Je suis un peu à chemin perdu. Depuis des années, je flirte dangereusement avec le burn-out. J'ai été accompagnée par une conseillère mobilité carrière, et pu bénéficier d'une enveloppe de 72 heures. Je viens d'être promue à la hors-classe en sautant le 11è échelon. Rien n'y fait : je n'en peux plus. Je me demande bien comment quitter cette noble institution qui voudrait me retenir encore 11 ans si je veux bénéficier d'un traitement plein. Même les 6 années minimum me semblent un Everest à gravir en tongs. La fonte des perspectives d'IRC m'inquiète. Bref, comment faire ?
    Merci de vos éclairages.