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Pour être conseillé(e) dans mes difficultés, j'hésite


Ce professeur qui s'exprime pourrait être vous, lui, elle...

 

Depuis plus de 20 ans, le DRH m'a habitué(e) à refuser toutes mes demandes de détachement, de disponibilité, de congé de formation professionnelle, de rapprochement vers mon domicile du fait d'une affectation lointaine, et même en CLM ou en CLD j'ai toujours hésité à lui poser des questions puisque j'avais beau envoyer des mails, la réponse ne me revenait jamais par écrit. Ces gens là écrivent peu, ils ont peur que ce qu'ils écrivent puisse leur être reproché, ou alors ils sont tellement débordés de mails, qu'ils préfèrent ne répondre à personne.

 

Le Chef de Division normalement je n'ai pas affaire à lui, m'enfin, un peu quand même...il ou elle peut décider de convaincre on DRH d'arranger mon affectation, pour éviter que je sois affecté(e) en TZR sur 2 à 4 postes dans la semaine, me faisant faire plus de 1000 km par mois. Je n'ose jamais m'adresser à une telle personne, ça me fait peur, et d'ailleurs, on trouve rarement leurs coordonnées mel et téléphoniques directes dans les organigrammes académiques en ligne. 

 

Le DASEN, quand je suis professeur des écoles, c'est quelqu'un de totalement inaccessible. Il prend toujours les décisions difficiles de refus, de nécessités de service, c'est rare que ses réponses soient positives, et c'est rare de le voir rire et sourire, d'être détendu(e). C'est une personne en charge de très grosses responsabilités, qui espère un jour devenir Inspecteur Général, et a peur de faire le moindre faux pas sur ce qui le sépare de son Graal. Alors il refuse tout ce que les professeurs lui demandent, et les nécessités de service pleuvent chaque année autant que les pluies cévenoles sur le versant méditerranéen.

 

Et le référent de proximité, lui ou elle, est-ce qu'il ose leur tenir tête pour débloquer des nécessités de service, pour obtenir tout ce que j'ai à lui demander ? 

 

Je dois dire que j'hésite beaucoup, car depuis 20 ans, la hiérarchie a tellement empli ma vie de "non, non, non", qu'un "oui" aujourd'hui serait un miracle. Je crois que j'aurais dû mal à y croire, ou alors il y aura une contrepartie, mais laquelle ?

 

Le référent de proximité n'oublie pas qu'il n'a pas réussi un concours pour le devenir. Il est juste nommé, donc sa mission est temporaire, il est nommé à l'année mais révocable à tout instant si son comportement déplaît au DRH, au DASEN, au Chef de Division, aux inspecteurs et aux chefs d'établissement avec lesquels il peut être en relation.

 

J'ai du mal à imaginer que chacune de ces personnes accepte mon départ après l'avoir refusé tellement d'années d'affilée. J'ai du mal à imaginer que tout d'un coup il n'y ait plus de nécessité de service alors qu'elles sont systématiques depuis 10 ans. J'ai du mal à imaginer que le DRH me sourit, que le DASEN vienne à mon pot de départ en retraite avec des fleurs, et que mon inspecteur me rédige une belle lettre d'excuses pour tous les mauvais jugements qu'il a eu de mes cours ces dernières années, alors que tous les élèves et leurs parents paraissaient pleinement satisfaits de mon travail pourtant.

 

Là, la GRH de proximité, c'est trop beau pour être vrai. J'ai l'impression qu'on tente de me faire oublier qu'en juin 2020, une réforme va bouleverser le calcul de ma retraite, et qu'en étant gentil aimable avec moi pendant 6 mois, je vais accepter les yeux fermés que le calcul change, ce qui va réduire ma retraite alors que déjà je suis mécontent de mon salaire mensuel dans ce métier de plus en plus éprouvant.

 

Le référent de proximité a-t-il le pouvoir de faire accepter mon départ en détachement, en disponibilité, voire en démission en cours d'année scolaire au DRH, au DASEN, au Chef de Division ?

 

C'est la question principale qu'il faudrait lui poser. Vais-je oser  et va-t-il se risquer à me répondre ?


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