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58 suicides de professeurs en 2018-2019 ?


La souffrance des professeurs est importante, et même s'il est toujours difficile d'évaluer quelle part du personnel ou du professionnel joue dans l'acte suicidaire, nous savons par les témoignages qui nous parviennent que les manières de manager de la hiérarchie des professeurs ne sont pas tendres, et peuvent expliquer des passages à l'acte chez les personnalités les plus fragiles.

 

Ouest-France parmi d'autres média s'est intéressé à la question et nous a cités dans son article le 08.11.2019 pour rebondir sur l'opération "vérité et transparence" du Ministre sur les suicides des professeurs.

 

Nous saluons l'effort du Ministre qui tranche nettement avec l'omerta en vigueur depuis tant de décennies sur cette douloureuse problématique.

 

58 suicides en 2018-2019, c'est important. 58 vies disparues, l'équivalent de deux équipes pédagogiques de collèges, ou d'une équipe de lycée. Ce sont 58 personnes qui n'ont trouvé aucune écoute, aucune empathie dans le système pour leur venir en aide. 

 

2018-2019 n'a pas été l'année la plus anxiogène des années 1999-2019 au cours desquelles les pratiques managériales dan l'Education nationale n'ont cessé de se durcir. Alors nous sommes en effet très curieux de connaître les statistiques des suicides sur ces 20 dernières années, pour que chacun sache quelles années les professeurs se sont sentis le plus en difficulté.

 

Nous remarquons, d'après l'inventaire que nous réalisons des suicides de professeurs relayés par les média, que ceux qui se suicident le font de plus en plus dans les murs, quitte à traumatiser les enfants, ce qui est une tendance lourde sur laquelle il est bon, au niveau de la hiérarchie, de s'interroger.

 

Avant-hier nous étions en contact avec une enseignante qui craque actuellement progressivement, maltraitée verbalement par la cheffe de division (et son adjointe) de son académie, alors qu'elle sort d'un cancer dont elle a réussi à survivre. La voilà, la réalité dans les administrations des académies. 

 

Chaque agent de chaque administration académique devrait être beaucoup plus conscient de l'impact de son attitude, de ses paroles, quand il est contacté par un professeur en difficulté. cela nous rappelle cette triste histoire de cette ex-DRH de l'académie de Montpellier.

 

La GRH de proximité ne sera donc pas une victoire si, en parallèle, les recteurs et les Dasen laissent perdurer ces comportements toxiques de personnes qui ne e sentent pas concernées par le difficultés des autres, et traitent les professeurs avec le plus grand mépris.

 

Nous allons ces prochaines semaines publier toute la souffrance qui nous parvient de tous les départements depuis tant d'années, c'est énorme. Que d'inspecteurs et de chefs d'établissements et de chefs de division ont des paroles maladroites avec les professeurs, que de pressions psychologiques, de remontrances, sans aucune volonté de conciliation.

 

Car le vrai visage que l'Education nationale a montré aux professeurs depuis 20 ans est celui-là: inspirer la crainte.  Certains IEN et IA-IPR se sont habitués à casser du prof" et s'en vantent auprès de leurs collègues. Sans jamais être sanctionnés. Beaucoup de professeurs ont peur de leur chef d'établissement, de leur inspecteur, de leur DRH et même des "médecins du travail" qui dans certaines académies sont inféodés aux DRH pour refuser l'octroi d'un Congé de longue maladie, notamment pour les burn-out où les professeurs sont considérés comme des "fainéants". 

 

Il faudra beaucoup d'années pour que l'Education nationale sorte de ces 20 ans très destructifs, qui sont responsables du manque d'attractivité du métier de professeur aujourd'hui. Si la hiérarchie avait été en soutien, les professeurs ne seraient pas aussi nombreux à vouloir partir. 

 

OUEST-FRANCE

 


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