· 

27% des enseignants s'épuisent au travail


Les réformes se succèdent et sont comme une pile d'assiettes qui ne désemplit jamais. Chaque Ministre souhaite la sienne, et c'est depuis plus de 20 ans une succession de transformations épuisantes, avec un métier qui s'alourdit de tâches administratives multiples et variées.

Le Café Pédagogique relate une étude très importante de 2017 sur les Risques Psycho-Sociaux qui affectent les professeurs, et nous en retenons ces chiffres éloquents:

 

- 76% estiment que leur métier affecte leur sommeil

- 51% ont déjà été en congé maladie à cause de leurs conditions de travail

- 46% ont des problèmes de voix (la formation initiale à ce niveau est très déficiente, et les formations continues laissent à désirer)

- 32% ont des problèmes d'audition

- 27% jugent leur métier épuisant (ce sentiment s'accroît bien sûr avec l'âge, et au-delà de 55 ans, chaque année qui passe est pénible, surtout chez les professeurs des écoles qui pour les deux tiers souffrent de troubles musculo-squelettiques après 50 ans)

 

31% des professeurs envisagent de changer de métier.

 

Le problème, est que la GRH de proximité en cours de déploiement va seulement proposer de rares possibilités de reconversion en interne, comme changer de discipline, de niveau, devenir inspecteur ou chef d'établissement...du déjà vu.

 

La GRH de proximité va se heurter à de nombreux paramètres qui font que le Gouvernement risque d'ubériser le métier de professeur pour faire face à une perte d'attractivité:

- une réforme des retraites en 2020 qui promet d'être très préjudiciable aux pensions de retraite des professeurs puisque leurs primes sont les plus basses de tous les fonctionnaires, et ne constituent pas réellement des primes puisque à chaque fois synonymes d'un travail effectif

 

- des manques  dans de nombreuses disciplines avec une difficulté à recruter

- un mode de management trop autoritaire, parfois autoritariste, conçu par un système qui refuse de l'assouplir de crainte de perdre la moindre parcelle de son immense pouvoir de coercition dont certains abusent

 

- l'allongement de la durée de carrière qui fait que depuis 2003, les professeurs entrant dans le métier doivent enseigner 7 ans de plus, quand ceux qui y étaient déjà doivent allonger leur carrière de 2 à 4 ans

 

- une parfaite insuffisance de la médecine du travail

 

- un manque de postes adaptés, d'occupation thérapeutiques, de possibilités de reclassement

 

La situation de l'Education nationale actuellement est celle d'un système véritablement pris en étau entre une perte d'attractivité, des départs massifs en retraite jusqu'en 2042, et une montée en puissance de la volonté de se reconvertir pour près d'un tiers des professeurs.

 

La seule solution que l'Education nationale va être rapidement tentée d'adopter est de mettre fin aux mouvement de mutation sur barème pour organiser le recrutement des professeurs via la direction d'école, de collège ou de lycée, et de considérer les professeurs comme des salariés corvéables à merci, une forme d'ubérisation du métier de professeur.

 

Tout cela est bien entendu inacceptable, et le Gouvernement espère juste que les syndicats peineront à mobiliser ces 857.000 professeurs qui ont tout à  perdre dans la réforme des retraites à venir, avec un accroissement des RPS au sein d'un système managérial qui protège ceux de ses cadres qui abusent de leur autorité sur les professeurs, et peine à se remettre une bonne fois pour toutes, en question.

 

Les prochains professeurs risquent bien d'être des salariés en transit, quelques années, avec un turn-over en forte progression, si les inspecteurs et chefs d'établissement et attachés d'administration continuent d'avoir tout pouvoir, sans qu'aucune remontrance sur leur manière d'agir, ne soit sanctionnée.

 

ANALYSE DU CAFE ET RAPPORTS A TELECHARGER

 

SOUFFRIR D'ENSEIGNER...FAUT-IL RESTER OU PARTIR ?

 

LE HARCELEMENT DANS L'EDUCATION NATIONALE 

 


Écrire commentaire

Commentaires: 0