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Les salaires des profs tirés vers le bas


Comment redonner de l'attractivité à un métier nettement moins payé, à niveau d'études égal, que tous les métiers qu'il est possible d'exercer dans le privé ou dans les autres administrations en catégorie A à partir d'une seule licence, et non d'un Master 2 ?

 

Depuis 2011, on nage dans l'absurde en exigeant un Master 2 pour un métier dont le salaire démarre à 1,2 SMIC, avec à peine un doublement du revenu mensuel en 44 ans de carrière, alors que les personnels de catégorie A en administration le multiplient par 2.5 à 3 grâce aux primes et à leur évolution de carrière plus diversifiée, tandis que les diplômés partis dans le privé multiplient par 2 à plus de 4 leur revenu de départ.

 

Le métier de professeur en France est alourdi de tâches à chaque nouvelle réforme, et le temps de travail des professeurs s'est allongé avec l'introduction du numérique dans leur enseignement. Une heure de cours est de plus en plus longue à préparer, ce qui n'est pas du tout pris en compte dans les politiques salariales. De ce fait, dans le ratio temps de travail/salaire, le professeur est déjà payé bien moins que le SMIC depuis longtemps.

 

Lorsque le professeur souhaite réaliser un cumul d'activité, il rencontre une administration réticente à la lui accorder, faisant traîner l'instruction de sa demande, comme s'il était coupable de vouloir "gagner plus" lui dont le salaire avance à l'allure d'une limace dans le temps.

 

 

Au fil des rapports comparatifs de l'OCDE, le professeur en France subit un déclassement qui le plongera bientôt en queue de liste, alors qu'il enseigne dans un pays parmi les plus riches de l'Union européenne.

 

Comme il est impossible au budget de la France de rattraper les 30% de perte moyenne de revenu observée depuis 30 ans chez les professeurs, il semble qu'un abaissement du recrutement à Bac+2 ou 3 soit la seule réponse possible, avec des contractuels de plus en plus nombreux, et qui n'auront pas vocation à rester trop longtemps, puisque la réforme des retraites promise pour 2020 leur sera très défavorable s'ils restent professeurs toute leur vie, sauf à créer des primes d'au moins 15% de leur salaire brut, et qui ne soient pas liées à des travaux complémentaires, mais bien des primes statutaires comme dans les administrations.

 

Les prix de l'immobilier restent très élevés, les prix de l'énergie augmentent chaque année, l'alimentation reste chère, et chaque année voit son lot de services et de taxes augmenter de telle manière, que le professeur subit un déclassement de plus en plus intolérable, avec peu d'évolution salariale pendant au moins 10 à 15 ans.

 

De ce fait, toute augmentation très médiatisée des professeurs est absorbée dès l'année suivante par ces taxes et charges incompressibles.

 

Quels peuvent être les autres leviers qui permettraient d'accroître son pouvoir d'achat ? Mystère.

 

COMPARATIF OCDE DES REVENUS ANNUELS DES PROFESSEURS


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