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1er colloque sur les suicides en France


Après Prof est intervenue ce 22 mai à Paris à la Bourse du Travail à la 1re Table Ronde (17h15-18h30) au 1er colloque consacré en France au suicide au travail organisé par la société Technologia sous l'impulsion de Jean-Claude Delgenes et de ses équipes.

 

Nous avons attiré l'attention sur la multiplicité des facteurs de pression psychologique qui affectent les conditions de travail des professeurs comme:

 

- la gestion parfois difficile de classes nombreuses et irrespectueuses,

 

- l'accroissement des exigences des parents qui judiciarisent de nombreuses broutilles, preuve de leur manque d'esprit de conciliation et de leur manque de connaissance ou de compréhension du travail du professeur et de ses risques au quotidien,

 

- la multiplication des injonctions et de l'esprit de coercition de la hiérarchie qui manque trop souvent d'empathie vis-à-vis des professeurs, soit par insuffisance de formation, soit du fait d'un formatage reniant la gestion des émotions au travail.

 

Nous avons remarqué que depuis une dizaine d'années le nombre de suicides "dans les murs" augmente en France dans les écoles, collèges et lycées, comme un cri de souffrance. Certes le chiffre est infime en regard des 857.000 professeurs, mais plus d'une trentaine de suicides médiatisés depuis 10 ans, soit 1 à 2% par an de ce que l'Insee estime exister (elle indique un taux de 39 suicides pour 100.000 professeurs en 2002). Nous avons cité le cas récent emblématique de Jean Willot, qui s'est pendu en forêt au lieu de se rendre à sa convocation ce jour là à son inspection académique.

 

Nous avons attiré l'attention des 300 personnes présentes, dont de nombreux responsables syndicaux et associatifs et membres de CHSCT au sein de secteurs de la fonction publique, sur l'importance de l'article 1 de la Loi Blanquer entériné et légèrement ajusté par le Sénat.

 

Il y est dit "l'engagement et l'exemplarité des personnels de l'éducation...".

 

Nous estimons que les Députés avant de voter cette loi devraient définir ce que doit recouvrir cette exemplarité en posant des limites pour éviter les dégâts manageriaux inévitables dans le cas contraire, et d'insister sur le fait que "personnels de l'Éducation nationale" ne désigne pas que les professeurs, mais bien aussi les IEN, les IA-IPR, les Perdir, les cadres de l'administration, dès lors qu'un lien peut-être fait entre la concomitance de la récente convocation ou inspection ou de l'entretien à huis clos sans témoin et le suicide du professeur.

 

L'impunité d'un éventuel responsable ne doit plus être couverte par le mutisme hiérarchique. Francois Hommeril, intervenant de la 1re Table Ronde, Président du syndicat CFE-CGC (fédération de 10.000 sections syndicales en France, 170.000 adhérents) a insisté sur ce point : pour chaque suicide qui a lieu au travail, les responsables doivent être recherchés, et jugés.

 

Notre association concentre sur cette rubrique tous les suicides relayés par les média sur son site, pour que personne n'oublie tous ces professeurs qui ont à dessein choisi leur lieu de travail pour mettre fin à leurs jours.


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