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La Loi Dussopt, une chance pour les professeurs


La Loi Dussopt est une chance de flexibiliser les 3 fonctions publiques.

Elle va permettre à un plus grand nombre de personnes de tester le métier de professeur, sans pour autant s'y engager pour toute une vie.

 

Si la souffrance au travail des professeurs est devenue si grande au fil des ans, c'est parce-que les réformes des retraites successives ont allongé la carrière d'une part, et que les évolutions de la société d'autre part, font arriver dans les classes des générations qui manquent de repères, de cadre, et n'acceptent plus autant l'autorité que leurs aînés.

Les conditions de travail des professeurs s'en ressentent.

 

En cela, l'article 1 de la Loi Blanquer va restaurer leur autorité perdue depuis plus de 20 ans, nous y reviendrons dans un autre article pour en souligner les avantages et les points qui méritent vigilance.

 

Du fait des départs massifs en retraite des fonctionnaires et donc des professeurs d'ici les années 2045-2050, l'Etat est obligé de passer par l'application d'une loi comme la Loi Dussopt. Du fait du poids conséquent que constitue le financement de pensions civiles, ces 30 années de renouvellement des forces des 3 fonctions publiques constituent une occasion historique unique de transformer la gestion des ressources humaines, en recrutant moins de fonctionnaires et beaucoup plus de contractuels. 

 

Une fonction publique constituée de plus de contractuels devrait être plus dynamique, facilitant des parcours transversaux, avec la levée progressive des obstacles que constituent les grades obtenus par concours.

 

C'est ce que nous souhaitons aux professeurs, pour qu'ils puissent comme tous les autres salariés réaliser leur mobilité tout au long de l'année, sans hésiter à mettre fin d'eux-mêmes à leur contrat lorsque les conditions de travail ne leur conviennent plus, au lieu d'attendre que leur métier les détruisent.

 

Car tout le problème est là: du fait de l'obtention dès le départ d'un statut protecteur, les professeurs ont du mal à se projeter vers un changement professionnel, et repoussent toujours à l'année suivante leur souhait d'évoluer professionnellement, attendant d'être en burn-out, en dépression, ou en découragement plus ou moins prononcé, pour se décider à changer.

 

La Loi Dussopt sera donc salutaire de ce point de vue, en permettant à un plus grand nombre de salariés du privé de s'aventurer librement dans ce métier sans nécessairement l'envisager pour toute leur vie.

 

Dans l'idéal, le métier de professeur devrait attirer vers lui des forces vives, des jeunes, de 20 à 45 ans, et au-delà conduire les plus de 45 ans à anticiper une fin de carrière forcément pénible en école ou en collège au-delà de 55 ans, et consacrer l'intervalle 45-55 pour se reconvertir ailleurs. C'est de dynamisme dont les élèves des écoles, du collège et du lycée ont besoin, pas d'avoir le sentiment d'être encadrés par des équipes qui frôleront bientôt le 3e âge, quand il s'agira pour ceux-là de prolonger leur carrière pour obtenir une pension à taux plein entre ses 65 et 70 ans.

 

Des professeurs de plus de 65 ans en école, collège, ce sera de l'inédit, et sans doute beaucoup plus de souffrance au travail qu'actuellement.


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