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Professeur, la fin d'un métier à vie


Alors que les départs des professeurs en retraite sont de plus en plus nombreux, et le métier de moins en moins attractifs pour les bons candidats, l'Education nationale préfère entrer dans l'ère de la contractualisation plutôt que de tenter de renouer la confiance perdue entre une hiérarchie administrative et pédagogique trop exigeante depuis au moins 2002, et des professeurs qui souffrent de plus en plus au travail avec une qualité de vie et un pouvoir d'achat de plus en plus dégradés.

 

La seule solution pour l'Education nationale, plutôt que de se remettre en question et de donner le sentiment de se saborder, est de changer complètement de mode de recrutement, en acceptant l'idée que le turn over augmentera fortement dans le métier de professeur, avec des contrats courts, des contractuels de plus en plus nombreux, qui prendront ce métier comme une étape dans un parcours de carrière plus diversifié qu'auparavant.

 

Les démissions pourront diminuer, puisque tous ceux qui ne sont pas certains de leur choix vont pouvoir exercer le métier de professeur et avoir suffisamment de temps pour se rendre compte, dans un contrat de 2 à 6 ans, si ce métier est réellement fait pour eux.

 

C'en est fini du métier à vie.

 

C'en sera fini des refus des services académiques et RH de départ en détachement, en disponibilité, en démission.

 

A compter de la Loi Dussopt, celui qui aura le pouvoir, c'est le professeur contractuel:

- il arrive quand il veut, puisque chaque académie l'attend à bras ouverts

- il pourra partir quand il veut, en mettant fin à son contrat, pour aller dans la région où il souhaite vivre

- il pourra négocier son salaire voire aller travailler dans d'autres pays qui manquent de professeurs (Belgique, Suisse, Luxembourg, Allemagne) et rémunèrent plus leurs professeurs.

- il sera nettement plus attentif à la qualité de vie au travail et au mode de management en vigueur dans son établissement

- il ne fera pas ce métier toute sa vie, dans la majorité des cas

 

La mobilité tout au long de l'année se fera à l'initiative des nouvelles générations de professeurs, celles qui auront décidé de ne pas passer le concours, pour rester libres.

 

La plus belle ère du professeur au travail se profile: celle du choix, dans une Education nationale sinistrée d'avoir tant oppressé ses professeurs, en donnant trop de pouvoirs à ses hauts fonctionnaires, qui ont presque toujours raison quoiqu'ils fassent contre des professeurs de plus en plus diplômés qu'eux, voire plus.

 


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