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L'état veut-il se débarrasser des syndicats ?


La loi Waldeck-Rousseau a autorisé les syndicats en France en 1884, puis l'état leur a permis de fonctionner avec l'octroi de décharges syndicales fonction de leur % de voix aux élections professionnelles pour ce qui est des fonctions publiques.

 

Un avantage considérable qui n'est pas passé dans l'oreille de sourds, puisque les syndicats se sont depuis multipliés, chaque élu cherchant à obtenir le graal: la décharge de ses fonctions, pour gérer son temps à sa guise pour prendre la défense des adhérents de son syndicat.

 

Pour autant, il semble que l'Etat ait décidé de considérer que la part de plus en plus faible de salariés représentés (moins de 8% toutes fonctions publiques confondues, et moins de 30% pour la seule éducation nationale) ne justifiait sans doute plus les avantages qui leur sont accordés pour fonctionner, alors même qu'ils les utilisent pour contrer les réformes conçues. 

 

En effet, comment les salariés dans leur ensemble peuvent-ils continuer de supporter l'idée que des syndicats représentant une infime minorité de salariés, signent des accords avec lesquels une majorité de salariés ne serait pas forcément d'accord ?

 

Comme l'état met en oeuvre la contractualisation des 3 fonctions publiques, il n'aura plus besoin de prendre du temps pour négocier des affectations et des promotions à la marge, puisque toutes les règles en la matière vont changer. La Loi Dussopt prévoyant d'en dessaisir les Commissions Paritaires.

 

C'est apparemment le cap nécessaire à franchir pour que la mobilité et donc la flexibilité puissent enfin exister dans les 3 fonctions publiques, la flexibilité entraînant le développement des compétences des agents, mis plus souvent en mouvement, ce qui devrait faciliter le paiement des agents au mérite, selon le nombre de postes occupés, de projets réalisés, etc.

 

La Loi Dussopt est donc bien plus qu'une loi: c'est une profonde transformation, un bouleversement, une révolution avec une cascade de changements à tous les niveaux dans les fonctions publiques. Le dessaisissement des CAP va permettre à l'état de réaliser des économies de temps, donc d'argent, et d'effectifs, et de retrouver une partie des effectifs monopolisés en décharges partielles et entières, parmi les actifs à plein temps. Ce qui lui permettra de réduire le nombre de suppressions de fonctionnaires sur la durée du quinquennat.

 

Une grande partie des syndicats, assurément y jouent leur survie. Il y a lieu de croire que ce qui les unit actuellement est autant la lutte pour préserver les intérêts d'un nombre d'adhérents toujours plus faibles, que pour préserver les intérêts particuliers de ceux qui ont fait de leur décharge entière ou partielle une habitude, une prébende.

 

Par exemple, savez-vous que dans l'Education nationale, un professeur certifié qui aurait dû enseigner 18 h devant élèves, peut obtenir une décharge partielle de 6h, décider d'enseigner 15h, et toucher ainsi 3h supplémentaires au titre de cette stratégie tout en enseignant 3 h de moins que son horaire statutaire ?

 

Assurément, la Loi Dussopt mettra fin à ce genre d'abus.

 

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