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De l'illusion à la désillusion


A mi-chemin d'une carrière appelée à s'allonger de plus en plus, et d'une durée d'au moins 44 ans pour les nouveaux entrants dans l'Education nationale, cette professeur des écoles et directrice d'école nous fait part de ses motivations à entrer dans le métier, et aujourd'hui celles qui la conduisent à le quitter, avec résignation.

 

De plus en plus notre association fait le constat que si l'Education nationale avait été dirigée par des ministres plus soucieux du bien-être des professeurs que de leur propre carrière personnelle, nous n'en serions pas arrivés à ce stade de dégoût généralisé d'une Gestion des Ressources Humaines qui n'en porte que le nom, mais n'existe pas.

 

Pourquoi étiez-vous devenu enseignant(e) ?

 

 Je suis devenue enseignante car c'était la suite de mes études d'histoire. Je me voyais entourée d'élèves, fière de leur donner les bases de l'éducation qui allait leur permettre de devenir des adultes responsables et libres. J'aimais l'idée de leur donner envie d'apprendre, de s'enrichir.

 

Pourquoi souhaitez-vous maintenant quitter l'Education Nationale ?

 

 

Mes années de direction d'école m'ont montré le côté pesant de l'éducation nationale, son aspect rigide où sous couvert de liberté, les enseignants sont étouffés. Il n'existe pas d'initiative, nous devons "fonctionner" sans poser de question, sans émettre d'avisCe qui me pèse aussi énormément, c’est l'absence d'un vrai service de ressources humaines qui pourrait nous conseiller, nous proposer des formations, des changements de carrière, ou tout simplement répondre à nos questions ou interrogations.

 

Je suis aujourd'hui en arrêt maladie, j'ai demandé un congé longue maladie car je ne supportais plus d'aller à l'école, j'avais l'impression de me perdre... Je souhaite quitter l’Éducation Nationale car cette structure ne me correspond pas, ni intellectuellement ni psychologiquement. Je ne supporte plus les élèves, les parents,  les collègues...

 

J'ai commencé un bilan de compétences que j'autofinance puisque l'administration n'est pas capable de me renseigner sur mes droits. Je suis aussi en plein questionnement sur les possibilités qu'offre l’Éducation Nationale pour les droits à la formation, à la reconversion, j'avoue que j'ai du mal à trouver les bons interlocuteurs au sein de la DSDEN.

 

 

Je suis donc sur la voie pour changer de métier.

 

...et elle a trouvé APRES PROF...