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De professeur de Lettres à Ecrivain-Public, c'est toute une aventure !

Aujourd"hui Dimanche 4 Février 2018 tu peux découvrir sur APRES PROF le parcours de carrière de Séverine, devenue Ecrivain-Public après plus d'une vingtaine d'années d'enseignement !

 

1. Initialement pourquoi étiez-vous devenue professeur ?

 

J'aurais voulu être étudiante toute ma vie, pour continuer à apprendre... J'avais une prof qui était passionnante en licence et je 'lai suivi pour la formation à l'IUFM. Passer les concours était un défi personnel. J'ai passé le CAPLP2 Lettres Anglais et le CAPES de Lettres Modernes. J'ai obtenu les 2. J'ai été prof en LEP à 22 ans puis en collège / lycée à 23. J'aimais les challenges.

 

2. Combien de temps, dans quelle discipline et type d'établissements et comment avez vous exercé ?

 

J'ai été prof stagiaire de Lettres Anglais 1 an en lycée professionnel en 2002-2003.

Puis prof de français en collèges et lycées de 2002 à 2016. 

TZR pendant 9 ans sur 3 académies, au gré des mutations.

 

3.Qu'est ce qui vous a donné envie de changer de voie, de quitter l enseignement ?

 

J'ai été "trimbalée" pendant 9 ans en tant que TZR, pour des missions allant de quelques jours à quelques mois. 1 an, 1 fois... J'étais le bouche-trou... Corvéable à merci. Celle qui n'a pas de casier, qui n'a rien à dire sur son emploi du temps, qui n'a pas de manuels, qui n'a pas de salle, qui se balade entre 2 bahuts, sans avoir le temps de manger parfois... Celle qui est harcelée par certains chefs d'établissement en mal de pouvoir, celle qui n'est pas reconnue par ses collègues (TZR c'est pas un vrai prof, c'est comme les contractuels, et encore, les vacataires n'existent plus...), qui n'est pas intégrée dans les projets, qui est sans cesse testée par les élèves (l'autre prof est toujours mieux), qui est attendue et critiquée par les parents (vous ne faites jamais comme l'ancien prof et donc c'est mal)... 


J'ai posé mes valises dans un gros lycée de centre-ville en 2011, pleine d'espoirs ! J'ai enfin monté mes projets (un atelier cinéma entre autres) et avec succès (élèves lauréats de concours de scénario, tournages de films...) Mais le mal était fait... En 2009 j'ai tenté un bilan de('in)compétences. C'est fait par des Co-Psy du rectorat et c'est totalement inutile ! Après 1 an de suivi, j'ai passé 1 seul test "psycho-je-sais-pas-quoi" pour me dire que j'étais faite pour les métiers de l'éducation. Propositions : passez les concours d'instit. Ou devenez documentaliste, vous ne serez plus en relation avec les élèves et leurs parents... 

En 2015, on m'annonce la fin de mon atelier avec la réforme du collège et la fin des heures d'accompagnement éducatif.

 

4. Quelles démarches avez vous alors réalisées, de la formation jusqu'à votre départ effectif ?

 

Suite au bilan de compétences, j'ai décidé de me former par moi-même et j'ai suivi la formation d'écrivain public du CNED. Je suis très proche de ma famille, de mes grands-parents (et arrières) et j'ai toujours été passionnée par les histoires de famille, les photos... Ce métier m'attirait. Je voulais passer du temps avec les gens, avec leurs histoires. J'avais envie que leur famille aussi connaisse leur histoire.

 

J'ai eu une opportunité en 2013, par le biais de mon conjoint, d'écrire des articles pour une agence de communication qui créait des sites internet. Ils avaient besoin d'un rédacteur web, de temps en temps, pour les aider à rédiger du contenu pour leurs clients. J'ai donc décidé de prendre un temps partiel et de m'installer comme "écrivain public / rédacteur web / correcteur" à côté. J'ai été formée, en interne, à la rédaction web et aux outils du web. J'ai suivi aussi, en parallèle, la formation de rédacteur web avec Le Comptoir des Rédacteurs.


Les opportunités se sont alors enchaînées. Mais mon temps partiel était mal organisé sur la semaine, ne me permettant pas de travailler avec mes clients à côté. Je suis donc passée au mi-temps. 

Un nouvel événement, (personnel) est venu précipiter cette situation qui ne me satisfaisait pas pleinement : mon fils est né en octobre 2016. Et j'ai pu me soustraire à la réforme du collège que je ne souhaitais pas intégrer.

 

J'ai donc posé un congé parental, en janvier 2017, sur mon mi-temps du lycée, afin de me consacrer, pour l'autre mi-temps, à ma seule activité d'entreprise. J'ai renouvelé ce congé jusqu'au 30 juin 2018. Il est valable, dans les mêmes conditions avec la CAF, jusqu'aux 2 ans de l'enfant. Je dois donc prendre une décision pour la rentrée de septembre 2018 et je souhaite me consacrer à mon entreprise en prenant une disponibilité. Je suis en train de mettre en place les démarches administratives.

 

5. Que faites vous aujourd'hui ? Expliquez-nous votre seconde carrière.

 

Aujourd'hui, j'en suis là : en congé parental à mi-temps, à mi-temps à mon compte. Je développe mes offres et prestations, je crée mon réseau.

 

L'année 2017 a été riche en opportunités et mon entreprise a le potentiel de se développer. J'ai par exemple passé la Certification Voltaire et je propose depuis une prestation de correction pour les auteurs. J'ai moi-même pu être publiée : un recueil de nouvelles a vu le jour en juin 2016, vendu à 250 exemplaires. Un polar est en cours d'écriture.


Je travaille autant pour les particuliers (rédaction de courriers personnels, administratifs, biographie, correction, aide à la publication...) que pour les professionnels (rédaction et correction d'articles et de contenus pour leurs sites, blogs, pages de réseaux sociaux, aide à la communication d'entreprise...).


Je gère mon temps personnel (ma famille, mes activités (atelier d'écriture...) et projets personnels...) et professionnel. Je me sens épanouie et reconnue dans mon travail. Je rencontre beaucoup de gens de divers horizons et j'ai enfin l'impression de leur apporter quelque chose et d'être utile.

 

6. Quels conseils donneriez vous à des professeurs qui souhaitent réaliser une mobilité comme la vôtre ?

 

Être entrepreneur, ça s'apprend. Certains sont faits pour, d'autres pas. Il faut surtout être motivé et cela impose une certaine auto-discipline : travailler seul, chez soi, sans horaires, sans vacances... n'est pas toujours évident. Savoir fixer son tarif, savoir présenter ses prestations et ses offres... c'est un travail de longue haleine. On a rarement un succès immédiat et un retour positif instantané. Cela peut prendre des mois. Il faut s'y préparer. Financièrement, ça peut être compliqué aussi.


Mais il ne faut pas croire que quand on est prof, on ne sait rien faire d'autre. Et je crois que quand le ras-le-bol est tel qu'on se rend malade en se levant le matin et qu'on est au bord de la rupture, il ne faut pas hésiter ! On a quand même la chance d'avoir un métier où l'on peut prendre un temps partiel, un mi-temps, une disponibilité, sans démissionner, pour se tester, se lancer, essayer. On a une sécurité relative. Il existe aussi une indemnité de départ volontaire pour ceux qui démissionneraient afin de créer leur nouvel emploi.

 

En somme, le seul frein, c'est soi-même !

 

EN SAVOIR PLUS

 

APRES PROF peut t'aider à envisager les choses autrement, à réfléchir, ou te donner des pistes de réflexion, voire t'orienter vers des partenaires sérieux, qui t'aideront à donner vie à ton projet, à avancer vers ton rêve d'épanouissement et de valorisation au travail !

 

 

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